Du Self marketing au Quantified Self marketing

Je découvre le "Quantified Self" , une nouvelle catégorie d'usages qui semble émerger et que décrit Emmanuel Gadenne sur son blog webusage.net  . Ce terme renvoie à un type de nouveaux services réalisés à partir des données personnelles produites et agrégées par les utilisateurs eux-même( self-tracking) grâce à des capteurs et devices adaptés.De l'User Generated Data qui fait sens, c'est-à-dire qui délivre un service personnalisé.Une manière de bidouiller pour soi même la techno et ses données comme on pouvait "tunifier" sa voiture. 

Une toute première conférence mondiale sur le Quantified Self est organisée en Californie fin mai, l'occasion de creuser et fédérer une communauté d'acteurs autour des enjeux du self-traking. 




Mon interrogation prospective : comment ce nouvel usage pourrait annoncer un nouveau mode d'interaction et d'engagement marques/cibles, un nouveau champ business et donc une nouvelle posture de marque dans ce fameux web 3.0 . Je m'explique:

Le Quantified Self  révèle un nouveau type d' utilisateur et un nouveau type de designer de services:" l' Homme self-serviciel " 

Pour ma part, et du point de vue marketing,j'ai compris ce nouvel usage comme la réinvention de l'assistance personnelle et plus largement du design de services personnalisés mais fait par les gens eux même grâce aux nouvelles données désormais de plus en plus accessibles  et des capteurs de plus en plus distribués et utilisables dans les sphères intimes du quotidien (espaces personnels et publics avec mon iPhone et les objets communiquants connectés à la maison et mes réseaux sociaux, par exemple). 
Une sorte de "self service self made", où moi, utilisateur, je suis suffisamment autonome pour me construire tout seul l'outil de mesure qui va mesurer ce qui m’intéresse et donc me rendre service.Une multitude de ce nouveau type de services sont déja répertoriésL'application quantter est à ce titre symptomatique. Sa promesse ?  "Quantter vous permet de tracer vos activités depuis un iPhone. Vous pouvez ainsi enregistrer vos efforts : nages, joggings, pages d'écriture ou ce que vous voulez... vraiment ! C'est facile, fun et social." 




Ainsi, apres l'homme social (web 2.0 ), l'homme connecté (mobile, multi-écrans), voici l'homme self-serviciel (web des datas contextuelles + hacking), la conjonction de ces trois facettes décrivant le prisme de l'ubimédia du point de vue de l'utilisateur, c'est à dire une approche personnal et contextual centric, où le social est un des ressorts mais pas que...(cf cette approche que j'ai décrite à propos du futur d'un facebook)  .


Du Self marketing au Quantified Self marketing ?

Depuis l'avènement du web 2.0 et durant le développement des services mobiles, les marques cherchent à  "rendre service" ou adopter une posture de "branded utility" comme moyen d'engagement et de mise en relation avec les consommateurs.  La marque utile propose alors des dispositifs dits de self marketing , le fameux  "do it yourself". Ce "do it yourself " se formalise en package relationnel,  un service personnalisé que des marques ou entreprises conçoivent pour leurs clients, s'appuyant sur des données qu'elles achètent à des tiers ou qu'elles génèrent elles-mêmes. Souvent ces applications utiles sont dotées d'une couche sociale mais c'est bien le service rendu à la personne qui prime, au bon moment au bon endroit : social certes mais surtout, personnal et contextual centric, dans un but d'engagement marketing et de fidélisation à la marque.
Le design de services relève donc de la compétence et de l'initiative de la marque . Et le client  joue bien le rôle d'utilisateur-acheteur du dit service. Ce consommateur s'il ne confectionne rien,  accepte se faisant de prendre à sa charge une partie du travail que la marque délègue. Un travail qu'il perçoit comme une liberté, une souplesse d'action. Par exemples, imprimer ses billets,  se proclamer guide touristique du coin tout en se checkant à tel endroit et y déposer un avis sur tel POI,  gérer une partie du dépannage en signalant sa position pour recevoir une assistance. C'est pratique, le client est satisfait parce qu'il contrôle un peu plus les choses. Et la marque en tant que designer de services, fait des économies d'échelles, renforce le lien . Surtout, elle développe son empathie au client puisqu'elle récolte en échange une masse de données sur la connaissance client.


Avec le Quantified Self, on dépasse le Do it yourself  . Tout devient "mesurablement utile"  dans sa vie parce que les data seraient là, lisibles et accessibles  avec des nouvelles technos qui permettent de lire et décoder comme jamais auparavant . Le Quantified Self  fait de chacun "le designer de son propre service personnalisé":  du self made serviciel en quelque sorte. Le consommateur devient concepteur de son "do it yourself"; il fabrique lui-même son mashup serviciel.  On bascule d'un mode consommateur de service utile à un mode créateur de service utile grâces aux outils qui vont lui permettre de valoriser les données qu'il aura généré ou puisé chez ses pairs. .Le Quantified Self serait une forme de démocratisation du hacking réservés jusqu'alors aux initiés d'un clan de quelques "techno-créatifs libertaires ou startupeurs" . 

Et les marques dans tout ca ? Elles organisaient la conversation au temps du web 2.0, innovaient en donnant plus de liberté et d'autonomie à l'utilisateur en lui délégant des tâches et du pouvoir . Et maintenant ? Elles devront-elles proposer des kits "fabrique ton service tout seul" comme l'application Quantter citée plus haut.
Avec le Quantified Self, les marques ne créeraient plus le service mais mettraient en place et animeraient des plateformes sociales fournissant data et modules de calcul  et d'assemblages et d'interactions multi-devices, basées sur des stocks de données qu'elles possèdent-génèrent, qu'elles achètent ou qu'elle gagnent, c'est-à-dire celles que utilisateurs produisent. Cette posture de marque s'incarnerait dans une sorte de mécano universel mis à disposition de leur clients pour que ceux-ci y assemblent leurs propres services personnalisés.


Vers le business des data et la marque comme pourvoyeuse d'un mécano serviciel ?

Mais pour que cette tendance se confirme et mute en usage accepté et exploitable par les marques (qui rappelons-le, cherche à dynamiser leur empathie et agréger de la connaissance client) , il faut que les data soient véritablement à portée. Et la , se dessine un marché et une philosophie du monde digital et du monde tout court qui laissent songeur.
  • Soit les marques bénéficient naturellement d'un avantage concurrentiel : de par leur métier, elles générent des stocks de données, qu'elles peuvent distribuer plus ou moins gratuitement au travers de leur kits Quantified Self  (la pateforme mecano).Voir même,  elles deviennent fournisseuses tiers de data contextualisées. Je pense aux banques, notamment. Ou comment la connaissance client des bases CRM peut devenir une matière à transformer en ressource ! De l'Open CRM en quelque sorte :)
  • ou bien elles vont devoir acheter des données pour pouvoir engager ce nouveau mode relationnel :(
  • troisième possibilité et directement liée à l'essence du self-tracking : c'est le consommateur qui génére ses propres data (en courant par exemple, sur telle distance, à telle vitesse, données capturées et analysées par le capteur iPhone) ; mieux ce sont tous les consommateurs qui les génèrent et se partagent ces données dans un mecano collectif, chacun  pouvant y fabriquer le service personnalisé had hoc. Une sorte de factory data peer to peer, que la marque mettrait à disposition.


les prémisses  d'une telle posture de marque :  la plateforme opensen.se ?


Autre exemple inspirant (via @harscoat)  : GreenGoose,  vers platerforme Quantified Self marketing ? 



Ainsi le Quantified Self  en tant qu'usine personnelle de services sur mesure pourraient bien se nourrir à la fois de données payantes, publiques et "fait maison" (UGD). Et se dessinerait alors  un appstore couplé d'un datastore où les data seraient rangées par catégories thématiques  et pour chacune d'entre-elles une communauté de niche d'utilisateurs , les "Quantifier-self" du sport, de la santé, de la domotique, de la  ville , des déplacements,  etc.



Et  le secteur public et les collectivités ?

Si les acteurs du service public cristallisent beaucoup de créativité et d'ambition en se lançant dans l'open data, c'est parce qu'ils promettent de revitaliser l'esprit de service public en apportant aux citoyens des facilités d'usage au quotidien grâces à des services de proximité innovants .Le Quantified Self peut aussi réinterroger le rôle des collectivités en ce sens qu'elles devront aussi tenir compte de la capacité de leurs administrés à fabriquer eux-même et pour leur propres usages et intérêts des applications servicielles sur la base des data qu'ils auront générées eux-mêmes et pas seulement à partir de celles mises à disposition par les collectivités.



De Facebook à iFacebook ?




Une réflexion sur l'évolution des réseaux sociaux me tarabuste depuis quelques temps : derrière un fan, il n'y a pas que ses amis et ses marques stars, mais un utilisateur dans ses contextes d'expérience avec leurs data et ses centres d 'intérets; et un utilisateur qui  de surcroît, "possède" une identité numérique  techniquement "universelle" c'est-à-dire interopérable, tel un sésame simplificateur de l'accès ubiquitaire. Mon socialgraph, c'est avant tout l'extension de ma personne et ce socialgraph ne se limiterait pas aux amis, ni à mes marques préférées. Le champs d'application pourrait être plus vaste. Il deviendrait serviciel, applicatif, transactionnel, everywhere.So what ? 

J'avais besoin d'une série d'éléments déclencheurs pour coucher sur le papier cette intuition. Je réagis donc ici à cet article de Fréderic Cavazza  listant de précieux et récents chiffres tempérant l'efficacité business de Facebook ( cf qq exemples ci dessous)  au moment où pourtant une grosse agence developpe un solution de f-commerce social et quand le responsable FB des partenaires en France déclare que FB est sous exploité par les cybermarchands en Europe. Et comme pour ponctuer le tout, le blog de FB distille de savoureux ROI  aux USA sur le social-commerce vantant un "facebook effect" (sentant le doute d'installer chez les annonceurs ?)




Ce bouillonnement d'annonces et de chiffres se contredisent plus qu'ils ne se complètent et s'ils viennent questionner la maturité de Facebook pour le business, ne sont-ils pas plutôt le signal d'une évolution, voire une mutation du réseau ? 

Formulation de cette intuition quand à l'évolution de fond des réseaux sociaux:
Facebook voit sa courbe d'adoption se consolider fabuleusement et l'apprentissage de l'outil rentre dans les moeurs. Et surtout, la masse critique d'utilisateurs continue à croitre. Mais on assisterait à une mutation, quittant l'approche social centric pour se déplacer vers une double approche: personal centric et contextual centric, inévitable dans un monde de plus en plus connecté, social et mobile, le tout baignant dans l'intelligence des données, où la personne y gagnerait en intelligence d'usage et de services personnalisés selon ses centres d’intérêts et besoins propres. C'est mon hypothèse. Et remettant en cause du coup, la mesure de la performance et la manière d'envisager l’intégration business de Facebook par les annonceurs et leur agence conseil ?

Voila, c'est dit.

Qu'est-ce qui me pousse à cette formulation ?
  • Déjà, interroger les chiffres : je serais bien curieux de connaitre la part des anciens visiteurs qui ne viennent plus sur le site de marque mais vont et restent sur Facebook . Et inversement,  je serais bien curieux de connaitre les comportements de ces internautes amenés depuis FB sur le site de marque ou ecommerce : ces 3 % sont-ils déçus ? Sont-ils au contraire pro-actifs , augmentant le taux de transformation du coup ?  Sont-ils plus  fans que les autres visiteurs précisément parce qu’ils sont fans?  Ces 3 % de visiteurs sont-ils autrement valorisables ? Et  s'ils sont si peu nombreux, ne serait-ce pas aussi parce que votre site de marque et ecommerce n'intègre que trop peu souvent la possibilité pour les fans et facebookers de s'interfacer à votre site via un facebook connect ?  Ceci expliquant cela...Donc, ce 3 % ne me surprend pas et surtout me fait poser question sur le fait que Facebook est sans doute destiné à autre chose qu'un simple "referrer" dans son dashboard.
  • l'impact des autres moyens d'accès à Facebook : je serais bien curieux aussi de connaitre l'impact d'une application mobile de réseau social tel qu'une application Facebook iPhone sur  le taux de transaction (dont l'achat) au final quand la situation d’un besoin, le contexte d’usage nécessite une réaction immédiate (temps réel oblige).Le passage obligé par votre site pour faire audience n'a pas de sens ici. Bref, quid de l'impact des autres devices et du contexte d'usage, du besoin à assouvir sur place  ? Pourquoi  se référer à la sacro-sainte audience du site de marque comme KPI "faussement légitimant" quand  on risque  en parallèle de sous estimer un « effet facebook » dans la vraie vie, IRL  ? C'est-à-dire limiter Facebook à un canal de masse parmi d'autres . Se faisant, on  occulte le fait qu'il  est potentiellement un canal connecté aux contextes d'usage du facebooker dans un monde de plus en plus mobiles, social et connecté, foisonnant de nouvelles données qu'on peut rendre intelligibles à l'échelle d'une personne et à l'échelle de sa ou ses communautés d'amis et d’intérêts.
Il y a  donc un potentiel à  envisager Facebook comme un média social et personnel, de niches  et situationel massif et non plus seulement le cantonner à un simple média de masse et de buzz avec ses pairs. 

Autrement dit, cette vision critique des réseaux sociaux  vient  à un moment où précisément FB peut apporter des solutions matures transactionnelles personnalisées de toute nature. Pourquoi pas ?  Je m'explique : Facebook  serait en train de devenir  La méta interface personnalisée  intelligente  (socialgraph oblige)  de l'individu utilisateur ? FB comme agrégateur de mes niches d'amis mais aussi  et surtout de mes communautés d’intérêts,  de mes  services personnalisés et mes comptes clients et SAV , accessibles et interagissant  de partout ( navigateur web, mobile, TV connectée, devices NFC connectés),  via une identité unique universelle. Facebook devenant un " iFacebook", fort de cette capacité de l’outil à me « socialgrapher » mes centres d’intérêts, mes lieux, mes préférences, mes objets, mes achats, mes jeux, et fournir l'application utile correspondante,  bref une capacité à traiter mes expériences de vie digitales et donc la vie tout court puisque tout se digitalise.

Facebook, ca serait, sera (?) donc plus que mes amis, plus que vos fans .  Facebook pourrait muter en  une sorte de portail ubiquitaire de sa vie digitale interconnectée à tous ses services, informations, thématiques qui l'intéressent  et communauté d'amis,  situations, en temps réel, différé et archivé ?

"Facebook = > iFacebook"
posture business  relationnelle, social centric => posture business  transactionnelle, personal et contextual centric

Ainsi, pour conclure : dépasser  FB comme une simple interfaçage à sa communauté d'amis  et donc dépasser la référence au comptage des fans . Mais creuser la notion de fan et de socialgraph en ce sens  que « derrière chaque fan, il y a un utilisateur, des envies ( centres d’intérêts), des usages, des contextes et des data » . Inventer comment l’émotionnel,  le social, le contexte et le personnel,  peuvent engendrer du transactionnel collectif ( ex : achat groupé in situ, consommation d'électricité de mes pairs et de mon quartier…)  et du transactionnel individuel (fcommerce, répondeur intelligent, journal d'alerte local, gestion domotique, data mashup personnel). Bien sur, la question de la protection de la vie privée n’en est que plus criante autant que le confort promis d'une méta personnalisation servicielle à la mesure et la portée de chacun,  via un réseau tel que Facebook .
 Ce Facebook transactionnel là, relève-t-il de la rêverie ? Sait-on jamais… Que confirmeront tous les chiffres en 2015 ?  A suivre ! 

L'homme augmenté et l'intégrité de ses expériences de vie



Commentaire au billet de Xavier de La Porte sur InternetActu, à propos de l'article d'un journaliste du Guardian, Oliver Burkeman intitulé : “The internet is over” – “L’Internet, c’est fini”.

Adam Greenfield en précurseur dans son ouvrage Every[ware] nous annonçait ce monde hybride avec l'internet ubiquitaire, qu'il a décrit comme « la révolution de l'ubimédia ». Des opérateurs du marketing dont je fais (encore) parti s'appuient sur ce paradigme pour décoder autrement la relation au client et à la marque. Mais, se faisant, le marketing peut contribuer à construire (et dénoncer du coup ;-) un monde qu'au fond nous ne désirons pas. La promesse consistant à dire que la technologie nous veut du bien, en facilitant les actions personnalisées in situ dans tous les champs de la vraie vie, tant oisive que professionnelle, en poussant du service au point de besoin mais en contre partie d'un don de ses données personnelles, peut être un leurre. Un leurre qui, au-delà de la préoccupation de l'intégrité des données personnelles (devenues marchandes), nous transforme en simple capteur-opérateur-consommateur. Et c’est la tout aussi préoccupant. Un leurre qui nous transforme "en homme augmenté" comme " un slot réagissant" à des signaux pour en soutirer une satisfaction, un « bon plan » , un gain de temps, de précision ou d'efficacité. En réaction à , dans un monde devenu immédiat. Une augmentation de l’usage censé nous libérer pour mieux nous concentrer sur autre chose, de plus essentiel.


« De plus essentiel ? » Mais quoi donc ? Et dans ce cadre, je m'interroge sur le risque de perdre notre capacité d'anticipation, de calcul, de création et co-creation que l'on délègue à notre "double techno", ombre de nous même (ou l’inverse, plus exactement). L'esprit du web 2.0 remplacé par celui du web 3.0 qui nous obligerait pour paraphraser l'article cité ci-dessus "à oublier ce que nous sommes en train de faire", ce qui renverse la perception de l'individu en tant que projet, en tant qu'acteur de son existence façonnée par le style intime de ses expériences de vie... Et c'est précisément la que ca coince. Car ce qui est « le plus essentiel » sont nos expériences de vie, c’est ce qui nous grandit, nous forge, nous construit, c’est ce qui nous rend moins cons, plus inventifs et créatifs, plus sociables et plus heureux. C’est ce qui  fait de nous des humains. Nous gagnons en facilité et rapidité d'action et réaction mais nous perdons en capacité d'anticipation et création ? Je suis à un point de bascule, jouant ici au philosophe trop sérieux, partagé entre l’antan du 2.0 qui passe déjà et le futur du 3.0 qui s’installe.

 Tout ce débat me fait penser à une anecdote, en prenant un taxi, le chauffeur avait éteint son GPS "parce qu'il voulait garder la cartographie en mémoire...et ne l'utiliser qu'en territoire inconnu exclusivement, et pour ne pas désapprendre la carte"... et rester acteur-moteur de son métier et de son outil, la voiture. Alors, sommes-nous tous ce chauffeur de taxi ou perdons nous quelque chose dans un monde ubimédia ?

La cabine wifi comme enclave ubimédia du coin

Et si plutôt que baigner l’ensemble du réel dans le tout connecté, on réservait certain espace physique comme une enclave ubimédia dans le réel ? Pour y situer et interfacer l’écosystème hyperlocal et les gens, au travers des totems urbains, comme cette ancestrale cabine téléphonique enrichie de la technologie wifi ?

http://www.notorietyinc.com
Cette cabine téléphonique mèle 2 usages : téléphoner à l'ancienne (dans une capsule, combiné en main relié par un cordon)  et se connecter depuis un "connected device" nomade (smartphone mais aussi laptops, etc...), paradoxal ? Cela se passe en Chine, manière futée d'exploiter un totem urbain pour émanciper les nouveaux usages à partir d'un usage acquis par tous: téléphoner depuis une cabine.

Mais c'est surtout le wifi encapsulé dans nos scènes de vie urbaine qui m'inspire.
La veille de Nekid de février  (d'où j'ai tiré  aussi cette cabine chinoise) indique une étude Deloitte qui révèle que le WIFI pourrait supplanter la 3G et que le point de vente sera connecté au web. Tiens, donc ...

Comme un gros bouton "Wifi ici" 
L'ennui avec les spots wifi en ville, c'est qu'ils ne se voient pas et qu'ils viennent souvent rompre une connexion en cours. Vous êtes en train de surfer en 3G tandis que vous êtes en mouvance puis vous entrez dans une zone wifi qui vous le crie par push interruptif sur votre écran, de quoi en perdre sa saisie. Très énervant et non user centric, la fluidité d'un service étant un des fondamentaux pour  fidéliser.
 La solution ? Radicale, désactiver le wifi et ne l'activer qu'à son initiative, précisément lorsqu'on reconnait visuellement qu'on est entré dans "une zone wifisée". Les cabines téléphoniques pourraient jouer ce premier rôle "signalétique wifi" comme un gros bouton "WIFI ici" à l'instar de l'ancestral "cliquez ici" du web.Mais l'enjeu de cet essaimage de spots wifi n'est pas que dans la signalétique et la matérialisation dans le réel de la zone comme étant "interactive friendly"  par un objet comme cette cabine ou tout autre totems urbains: une borne, un sticker sur objet, etc.

Comme un SAS vers son cloud personnel et vers l'écosystème hyperlocal
L'enjeu est aussi dans l'accessibilité à un écosystème de services locaux, par exemple: syndication de contenu locaux, cityguide, boite aux lettres, jeu social avec à la clé un couponing pour un commerçant du quartier, ...
Ainsi, la cabine téléphonique pourrait agréger autour d'elle un écosystème de services syndiqués, dès lors que les gens "se posent pour une pause connexion " en ce lieu, tel un sas ouvert sur le cloud. On retrouve ici le principe que j'ai décrit à propos de la stratégie Starbucks comme media hyperlocal. Alors pourquoi ne pas étendre ce principe aux enseignes ayant pignon sur rue: diffuser des odeurs pour appâter le chaland, c'est un peu passé, voir lassant; par contre leur offrir une zone de connexion tout en leur proposant des offres locales, c'est mieux non ? Allez, imaginez une agence bancaire : pas besoin de rentrer dedans, simplement s'installer sur le banc public "brandé" aux couleurs de la banque pour  checker ses mails perso ou chercher une adresse postale . Et tiens, pourquoi ne pas entrer en relation avec l'écosystème alentour que la banque promeut via ce hub. Histoire du coin, bons plans . Et pourquoi ne pas découvrir l'offre du moment que me propose aussi cette banque pour financer l'achat d'une voiture. Justement,  je viens de tester une voiture chez le concessionnaire en face...

L'avantage par rapport à la 3G in the pocket ?
Vous me direz, oui bon, mais on peut se contenter de la 3G et de push géolocalisés via une de mes nombreuses applications dédiées (oui, mais laquelle ?).Certes ...
  • mais l'art du marketing est de jouer sur la persuasion complice pour enclencher l'engagement, ce que j'appelais il y a quelques années "marketing d'interface" : c'est à dire "marketer" le lieu littéralement comme interface, comme une "zone interactive friendly", promettant d'accéder à la fois à son cloud personnel et proposer une suite servicielle contextuelle (le lieu comme appstore local, comme écosysteme serviciel). Cette cabine téléphonique ou ce banc public portant les couleurs du "wifiseur" (une banque pour reprendre mon exemple ci dessus) sont des "calls to action" et la promesse qu'il est possible d'interagir et d'accéder à un bouquet de services contextualisés,  et surtout "si je le veux bien".
  • l'accès à la connexion ne sera pas décompter de mon forfait 3G.
  •  l'objet physique peut  s'enrichir des technologies touchless : QR code puis NFC et interropérer ainsi avec ses objets communicants personnels ( le smartphone NFC bientôt , ses cartes à puces ou vêtement communicant bientôt).
  • Enfin, quand la 3G ne passe pas, c'est une manière de desservir, animer une zone blanche et permettre d'accéder à son cloud personnel et ceux de ses amis et bien entendu au cloud local (services contextualisés).
  • ... le débit plus fluide (en attendant la 4G ...) ?
  • ...


Ces autres formes de "totems connectés persuasifs"
Et on peut étendre ce modèle d'interaction hyperlocale à d'autres formes de "totem connecté persuasif" intégrés au paysage urbain ou rural, comme ces  "sortes de drive-in" déportant la livraison à l'écart des centres villes congestionnés, ces cytissimo , ces boutiques popup dans les gares, les stations services, ces nouveaux photomatons, les kiosque Presses, les Muppi ou abris de bus et bien entendu les points de vente...



L'investissement n'est pas gratuit mais ne rien investir encore plus cher
Alors soit, ces challands ou visiteurs qui ne faisaient que passer vont se ruer sur cette "connected pause " en rue, dans mon bar, en attendant le bus ou dans la file d'attente et me dire merci, voire cliquer sur un espace partenaire qui aura monnayer sa présence ...soit ... soit...  Mais où trouvez vous les fonds pour financer la gratuité de ces spots wifi  ? Qui va entretenir ces bornes ?  Quelle durée de connexion proposer pour éviter l'engorgement réseau au spot ? Réponse : testez le dispositif  sur quelques spots en grandeur nature pour mesurer ce que vous allez effectivement gagner en valeur d'usage et en valeur business . 

Du WifiReady pour la marque qui nous raconte des histoires ou qui nous rend service ?
L'ubimédia pousse le digital à l'échelle de l'hyperlocal, du proche, de l'immédiat, là où sont les gens, la vraie vie. Les moyens d'interaction sont partout mais doivent s'animer selon le contexte et le mood de l'utilisateur (son profil, ses attentes), au risque d'être rejetés.  Deux postures de marques dans un monde ubimédia peuvent tirer partie de ces spots wifis.
La marque peut toujours y  raconter des histoires (storytelling et conversations agrégées autour de cette histoire) en tirant parti de ces nouveaux canaux et leur contexte local , ce qu'on appelle le transmedia. C'est la posture de marque conversante.
Et puis, il y a cette nouvelle autre posture de marque, ludo-servicielle,  qui est une autre manière de toucher les gens et de légitimer une présence de marque (branded utility ou marque utile) ou de la Collectivité dans la sphère intimiste et réelle de l'hyperlocal (mon quartier, ma gare, mon troquet préféré, ma trajectoire urbaine quotidienne...).

Et tout cela grâce à cette marque ou collectivité "WifiReady" qui me veut du bien parce qu'elle me rend service in situ.  Communiquer dans un monde ubimédia, ce n'est pas seulement "se la raconter"  ( ;-), c'est aussi rendre service et si on peut  y enclencher de l'émulation ludo-sociale, c'est le graal de l'engagement marketing, le sésame du branding (un capital de marque enrichi), ou le renouveau du service public de proximité si on se place du coté des collectivités !

Rêverie d'un monde à la connectivité maîtrisée :  a self-controled connectivity
Pour finir, une intuition ou une petite rêverie naïve qui peut surprendre après ces propos, peut-être parce que je peux me sentir trop sollicité, sur-connecté que je suis, goûtant moins le spatio-temps qui passe avec tout ce qu'il contient de tangibilité (et je ne me soigne toujours pas ...). Si les gens sont de plus en plus hyperconnectés, ils vont aussi rechercher la déconnexion, se précipiteront vers des solutions de personnalisation plus simples, plus intuitives et intelligentes. Ils vont tendre vers un usage maîtrisé de cette hyperconnectivité: une connectivitée permanente discrète avec possibilité de mise en veille partielle ou complète, délégant le filtrage et l'alerte à un avatar intelligent ubiquitaire qu'on nous promet ? ...
Le modèle de hub hyperlocal wifi pressenti ici avec cette cabine téléphonique connectée pourrait alors être une des réponses à cet insight de connectivité maîtrisée par chacun. Et rêver d'un monde parsemé de cabines wifi totémiques comme autant d'enclaves de connectivité dans le monde physique, libéré de la dictature du temps réel, du push, du check et du touch, pour se consacrer pleinement à la tangibilité de l'instant présent.

Loufoque ? :)




Allez, chiche.

Ubimedia, a way of seeing

Je découvre avec une certaine jubilation le discours de Brian SOLIS aux rencontres RSLN confortant une  approche que je décris tout le long de mes billets . En effet, " Solis explique que l’on est passé par plusieurs phases du Web : celle des données, du contenu, des individus et maintenant celle ducontexte et de la pertinence qui prennent un rôle fondamental. ". Lire la synthèse de son intervention sur RSLN. Brian SOLIS étend son approche contextuelle du web social  "au km 0" invitant à dépasser la frontière réel/virtuel. Et, si mon approche tend à prendre en compte aussi les contextes IRL, je rejoins complètement Brian SOLIS quand il souligne l'importance de l'approche contextuelle du digital et donc la dimension humaine,  ( je parle de dimension personnelle),  et son corollaire la vie privée.

Et j'en profite pour partager ici  la présentation Paris 2.0 que j'ai pu exposer à l'échangeur ce 30 novembre dernier, précisément sur ce sujet.  Ces slides visaient en effet à décrire ma vision du digital sous l'angle de l'ubimédia, considéré comme un paradigme centré sur le contexte,  une manière de voire et analyser l'interaction et envisager de nouveaux canaux d'audiences interactives dans les sphères personnelles des gens, pour les marques, les collectivités et les utilisateurs. Et finalement, la construction d' experiences digitales context friendly.

Starbucks révèle bien l'hyperlocal interactif comme canal digital incontournable

Réagissant à l'initiative de Starbucks qui déploie son Social Digital Network en partenariat avec Yahoo dans ses cafés US, Sonia Hecquet , responsable de l'Interaction Design sqli agency  m'a décrit ce SDN comme" un portail de contenus et services localisés de Starbucks,  une bulle digitale (au rayonnement géo-digital restreint) sous la forme de services  et contenus rassemblés dans un portail ." C'est très bien résumé.
J'avais évoqué de Starbucks USA cette initiative au début de l'été . Entre temps, ma réflexion s'est étoffée.



La stratégie Starbucks révèle une tendance de fond dans l'interaction des marques avec leur marché.
 Le café Starbucks du coin constitue un hyperlieu , c'est à dire un lieu connecté à  la fois à l'écosystème du quartier, à l'écosystème des partenaires de l'enseigne et bien entendu à celui des prospects et clients qui visitent, consomment  le lieu. Le lieu fait interface et agrège des services et contenus (digitaux notamment) in situ. Cette suite servicielle est non seulement exclusive au réseau wifi du café (effet "nul part ailleurs") en même tant qu'elle est localisée (au sens de contextualisation des contenus et services et on pourrait pousser aux partenariats locaux) .



L'hyperlocal marketing interactif : toucher les gens dans leurs lieux de vie pour interagir avec eux et avec des marques ou des collectivités et leurs partenaires.
Cette nouvelle modalité interactive que constitue l'hyperlieu institue un nouveau canal digital, le lieu faisant interface sur l'échelle hyperlocale du réel. Ainsi, l'hyperlocal est exploité comme media stratégique à part entière. Dès lors, un lieu justifiant d'une audience active peut intégrer la panoplie du mediaplanning.
Et cette interaction ( à la condition qu’elle soit perçue comme non intrusive et complice) jongle entre plusieurs types d'interface :

• via des interfaces hyperlieux telle qu'un Starbucks ou les vitrines interactives de certains points de vente mais aussi les bornes dans des espaces urbains tels que les centres commerciaux, gares, aéroports...

• via des interfaces embarquées dans les transports, dans la voiture comme par exemple BMW et sa voiture servicielle,

• via des interfaces nomades ou à emporter, telles que  des chaines thématiques de contenu en  réalité augmentée sur Tagwhat ou Layar, ou des interfaces nomades plus centrées sur le service à l'individu comme Assistant santé Maaf ou PagesJaunes...

• via les micro-formats physiques du digital signage tel que U-Snap par exemple ou les tags interactifs tels que les code 2D mais aussi les bornes Bluetooth,...

• via les moteurs de recherche en temps réel qui intègre le filtre hyperlocal : Bing, Google, et (bientôt ?) les moteurs de comparaison, ...

• via des réseaux sociaux de proximité, ma-residence.fr que je citais souvent en exemple sur ce blog...

• enfin, il est intéressant de souligner la congruence de ce media avec les médias sociaux mobiles tels que Foursquare et mais aussi Facebook avec Places avec leur fonction de check-in et d'immersion dans le temps réel.

Quand je martèle, allez, depuis 2 ans, que l'hyperlocal est intrinsèquement lié à la révolution ubimédia, Starbucks en est l'illustration la plus éclairante.
Et lorsque l'on parle de communication, de dispositif multi-canal ou 360, il faut garder à l'esprit l'ubimédia comme transformateur du réel en média interactif à part entière, à forte capacité d'engagement puisque délivrant "une expérience interactive de vie augmentée" et donc roiste. A présent, l'ubimédia augmente les dispositifs de communication "d'antan" via ce nouveau canal interactif IRL. Communiquer c'est avant tout être en capacité à engager ses clients de manière performante et mesurable . Ca tombe bien le digital a cette facilité à faire interagir et à tracer des KPis désormais encapsulables dans le réel. A l'ère ubimédia, un "concept de comm" pertinent doit s'appuyer aussi sur un service ou une expérience interactive hyperlocale. On connaissait le street-marketing visant le buzz,  l'hyperlocal interactif va plus loin, en cherchant à créer un lien poussé par du service ou une expérience interactive avec la personne .

TagWhat, un réseau geo social mobile qui annonce l'hyperlocal comme media stratégique ?

Quand on évoque le réel en tant qu' interface interactive ubimédia, il faut le rapporter à l'échelle hyperlocale car c'est là qu'on peut évoquer un contexte d'usages et de besoins, d'expériences interactives et d'engagement des clients, donc un écosysteme et donc de la valeur. J'ai eu l'occasion de décrire la stratégie de Starbucks selon cette approche.  Et  le dispositif  qui m'interpelle ici, TagWhat  repose aussi sur cette approche.





Tagwhat est un autre navigateur de réalité augmentée sur mobile tel que Layar, qui adossé à son web géo-social Tagwhat.com, franchit un seuil dans l'usage d'écriture du réel ou folksotopie   (taguer les lieux) .  On parle avec Tagwalk de check-in augmenté.


Je réagis ici en extrapolant des usages que pourrait susciter ce type d' appli au travers de ses prochaines évolutions...


J'imaginais il y a deux ans un "géo-Emotioner " dépassant le simple dépot d'avis ou recommandation, au delà de l'exclusive logique de consommation pour associer depuis son mobile une émotion à des coordonnées locales, émotion à partager avec les siens et son réseau, liée à une place, une plage, un arbre, un banc public, un livre, une petite route, voire des objets investis de leur vécu.Tagwhat semble se rapprocher de cette promesse, même si la dimension marketing n'est surtout pas oubliée ainsi que la synchronisation avec les réseaux sociaux liés au local assurant de fait du contenu contextuel et de la visibilité sociale (tels que Flickr, Wikipedia, Foursquare, Facebook et aussi twitter). 


Au delà  d'un Foursquare ou d'un Places de Facebook .
Nous pourrions taguer un lieu de nos émotions, et l'enrichir d'un vécu d'expérience in situ à partager ou à garder pour soi?
Les gens personnaliseraient les lieux, les endroits en y inscrivant leurs traces multimédia non pas qu'a posteriori  depuis un site web social mais ici et maintenant  depuis son smartphone et de manière plus riche, voir même a priori si on destine le message à taguer sur le passage d'une personne qu'on cherche à séduire, surprendre, informer. Ce message pourrait revêtir plusieurs formats.


Et de proposer une panoplie d'UGC in situ enrichie de nouveaux formats.
Bien plus qu'un avis textuel ou une simple photo ou vidéo, on parle ici de taguer un lieu en y affectant une musique, un graffiti ou avatar digital, un slogan, un cadeau, une oeuvre d'art virtuelle, etc... Bref,  matérialiser un vécu ou un morceau d'expérience à vivre (ou revivre)  par une couche informationnelle juxtaposée au réel. Ces traces multimédia seraient de plus, intelligentes pouvant se rappeler à votre mémoire ou celle de vos amis ou bien se programmer pour éclore à votre passage ou ceux de vos amis ou anonymes "affinitaires"...et selon un rythme au temps qui va de l'éphémère au pérenne.








Une nouvelle valorisation des lieux par les gens pour eux-mêmes, mais aussi les marques pour les gens.
Et de concrétiser le réel commenté, réinventé à la sauce de chacun :  une autre manière de le consommer, certes, mais aussi de le jouer et le transformer de manière poétique ou polémique ;-). C'est aussi la porte ouverte à toutes sortes de "pollutions" ou hacking pour le meilleur et pour le pire.

  • Faire de ses lieux de marque, un canal stratégique grâce à l'ubimédia ? Starbucks par exemple qui propose à ses clients des services exclusifs au travers desquels promouvoir des partenaires...
  • On peut imaginer qu'une marque affiche seulement pour ses clients une lecture ou un mode de consommation des lieux dont elle se fait mécène en phase avec son ADN et où ses clients fans s'y reconnaissent et s'y retrouvent.
  • Pourquoi ne pas créer aussi l'exclusivité et la rareté d'un lieu comme privilège VIP d'expression in situ  ?

  •  ou à l'inverse, comme "l'espace public n'est à personne", on peut imaginer que tout un chacun puisse poser un graffiti très personnel quitte à le rendre anonyme ou au contraire à le signer, enrichissant le lieu ou l'objet situé de datas émotionelles...

  • Ou bien, taguer le siège d'une multinationale par des dénonciations amères ou rebelles. Et donc, déplacer le scope de l'e-réputation de marque qui devra s'étendre jusqu'à ses lieux des marques et leurs micros-lieux : espaces publicitaires, enseignes lumineuses, points de vente. Souvenez-vous cet été au moment de la marée noire US cette application de réalité augmentée dénaturant l'enseigne BP ...

  • Mais qu'attend Facebook pour permettre à tout un chacun de taguer un lieu avec un cadeau virtuel  à acheter sur le réseau social éponyme ? Par exemple, semer un cadeau à sa conquise qu'elle "recevra"  en passant la sortie de son bureau...

  •  ou mieux, en surprenant son épouse qui récuperant sa voiture, la découvre augmentée d'un skin flowers virtuel d'un Interflora ? C'est gadget ? Ok. Remplacer Interflora par MacDonald's (du coin)  et skin flowers par "bons d'achat" ou "une place de ciné  offerte pour tel film" avec la BO en fond musical. Tant pis pour l'épouse...


    Go Ahead !  C'est là, ca arrive !
    Pourquoi attendre que l'usage de folksotopies se démocratise ?  Pour s'en convaincre, ce cas inspirant tout chaud : le réel comme terrain de jeu autour d'un produit virtuel, ici une voiture avatar, comme pièce maîtresse d'un jeu de piste à l'échelle urbaine, induisant un engagement réel des joueurs  pour tenter de gagner une vraie mini cooper  ( cf vidéo du teaser Mini Gateway Stockholm 2010)...





      Dans cette perspective, le réel considéré dans sa dimension hyperlocale peut devenir le media interactif stratégique sur les toutes prochaines années:
      • avec des smartphones qui se démocratisent et qui sont de plus en plus précis et simple d'utilisation (iphone 4 par exemple avec camera Retina, pico-projecteur embarqué sur mobile), 
      • avec de nouveaux devices prometteurs, non il n'y a pas que les tablettes,  les lunettes à réalité augmentée   nous sont annoncées dans 3 ans 
      • le contexte devient cliquable mais surtout devient le jeu d'interactions nouvelles et donc de créations de valeur contextualisée 
      • une valeur contextualisée et donc très personnelle parce que personnalisée et intime inhérente aux lieux de vie des gens. La gestion de filtres d'intimité conditionne pour beaucoup cet horizon et constitue un défi autant ergonomique, fonctionnel que technique et juridique.




      pour aller plus loin : Découvrir  la vision   de Dave Echolness co-fondateur de Tagwhat.




      Safari urbain interactif avec les MUPIs



      JCDECAUX rend ses MUPIs  ( et autres supports ) interactifs via smartphones avec sa solution U-snap. Et se faisant, ouvre la voie vers une régie publicitaire hyperlocale et  augmente la capacité interactive des marques in situ par une expérience enrichie.

      A l'instar d'un goggles de Google, la techno exploite ici la reconnaissance visuelle des affiches via la camera du smartphone (iphone pour l'instant).  Mais, c'est un coup bien malin qu'opère ici JCDECAUX face à un Google, puisqu'il garantit ici aux annonceurs de réorienter les mobinautes vers un contenu et une expérience que la marque maitrise. Contrairement à un résultat de recherche que pourrait opposer Google tel un "parasite" qui a bien compris aussi l'enjeu de l'hyperlocal marketing interactif.

      C'est une manière pour JCDECAUX de monétiser davantage ses supports en permettant des campagnes augmentées, riches de contenus interactifs et donc plus engageantes localement. Bref, aller au dela de la simple affiche print, en permettant des campagnes géolocalisées interactives contextuelles .

      Le cas couponing Mac Do est édifiant : l'app pilote le chaland jusqu'au store ! Cette forme de régie hyperlocale que "j'annonçais" à propos du digital signage, prend vie concrètement avec cette initiative d'autant que le réseau des affichages urbains est dense et permet un message interactif contextualisé et donc efficace. Be context friendly ;-).

      Reste à observer  comment les gens vont réagir à ce nouveau gameplay urbain. Et quelles catégories de cibles...Tout dépendra aussi de l'incentive sur l'affiche et du succes de l'application qui doit être au préalable téléchargée...

      "Le web est mort ? Longue vie à... l'interactivité" (CQFD)



      Une petite prise de recul concernant la déclaration cette été de Chris Anderson dans Wired  enterrant le web "pour souhaiter longue vie à l'Internet". Cette déclaration a fait débat et c'était un régal car il touchait à l'ADN du digital qui est à mon sens l'interactivité.


      Pour résumer, Chris Anderson s'appuie sur la journée type d'un geek qui se déroule sur internet  mais pas sur le web, c'est-à-dire passant d'un device d'interaction à l'autre selon les contextes d'usage qu'il rencontre. "C'est l'écran qui vient à moi et non plus moi qui vient à l'écran" , le device navigateur web s'effaçant au profit d'autres  formes  d'interface ". Ce constat est évident aujourd'hui, bien qu’ insuffisamment démocratisé dans les usages (en tous les cas en France).
      Puis, Chris Anderson appuie son discours sur le volume en pourcentage des différents formats de contenus diffusés sur internet, montrant que le web content est en proportion clairement moindre que les autres .Et c'est là que la polémique a enflé comme quoi le web continue à progresser en parallèle. 


      Et après ? Cette déclaration et le débat qui s'en est suivi dans la sphère des passionnés du digital  est moins de prendre acte d' une petite mort du web que  de souligner la métamorphose de l'internet où il convient de déplacer le scope d'analyse non pas sur le contenu,  la techno et les formats mais sur les usages et les nouveaux cadre d'interactivité qui en découlent ... 
      Le web est mort dans le sens où il n'est plus l'interface exclusive de l'interactivité. L'internet est partout prenant toutes les formes de l'interactivité en fonction des contextes d' utilisation et d' usage.
      Le web n'est qu'une manière d'utiliser internet.  Nous sommes entré dans l'ère ubimédia. On cumule en terme d'usage l' Internet web où le contenu est roi (ubiquité des contenus + navigateur) , l'internet web 2.0 où la conversation est reine (ubiquité sociale + widgetisation) , pour s'ouvrir à l'internet IRL (dont l'internet mobile est le première étape), ce que je qualifie d' " Internet Context friendly » ( ubiquité de l'interactivité).


      Aussi, je m'appuie sur ce paradigme de l' Internet Context Friendly délivrant des services personnalisés et propices à la situation, via ce qu’on pourrait nommer un cloud serviciel , et mettant en scènes toutes formes de l’interactivité adaptées aux contextes d'usage.  


      Et l' Internet Context friendly tient compte du contexte sous 4 angles :
      1. capacité à adopter un mode d'interactivité  (devices) adapté au contexte ( là où je suis) : continuité des écrans; "c'est l'écran qui vient à moi et non plus je viens à l'écran". L'écran est protéiforme, l'interactivité se joue multiforme : elle  peut s'incarner dans un ecosystème d'objets intelligents, en machine,  en capteurs, déclencheurs, voire en espace ( hyperlieux) et bien sur en utilisateur media-medium...
      2. capacité à délivrer un service ou du contenu contextualisé en temps réel : enjeux de l'hyperlocal, du marketing in situ et du l-commerce et LBS, des modalités de couvertures réseaux.
      3. à délivrer un service ou du contenu à distance : le web classique , social et temps réel  ( 1.0 et 2.0) accessible de partout en connexion continue
      4. et tout celà de manière hyper-personnalisée.






      ps : je sais , je fini par me répéter mais c'est plus fort que moi ...

      2012 : vers un Internet "context friendly" ubimédia

      Contribution au livre blanc participatif d'InternetManager Club ( à télécharger ici)   pour y partager ma vision de l'internet en 2012 (très court terme donc):



      Vers un Internet "context friendly" ubimédia


      2012 marque l’entrée dans l’internet ubiquitaire, un internet everywhere et permanent, bref un internet baignant le réel ;  ce fameux nuage ou « cloud » qu’on évoque aujourd’hui  comme un agrégat de DATA s’organise demain en suites logicielles et servicielles ambiantes,  c'est-à-dire contextualisées et « on demand », augmentant les possibilités d’action et d’interaction in situ pour interagir sur les contextes immédiats ou lointains.

      Ce qui change la donne du point de vue de l’utilisateur final. Cet internet là  en effet, suppose une approche ubimédia de l’interactivité qui se traduit par « l’empowerment » de l’utilisateur final dans son rapport au réel.  Il aura le pouvoir de personnaliser son nuage, de le partager socialement avec des filtres d’intimité plus poussés, d’y appeler des services à sa mesure, au bon endroit, au bon moment, sur telle durée, en fonction de ses trajectoires, de ses lieux  (indoor et outdoor) et moments de vie. Et ce, quelque soit le device de connexion et les modalités d’interaction à sa disposition in situ. L’interactivité est protéiforme et disséminée partout.

      Ce qui change la donne pour les marques et les collectivités, dès lors que le nuage devient un terrain d’offre de services contextualisés.  De fait, elles vont devoir investir et revendiquer un ou plusieurs contextes et les enrichir de services ad hoc, investissant dans l’innovation sur les usages comme jamais. La force du digital n’est alors pas simplement communiquer, promouvoir, vendre,  réseauter: en 2012, le digital augmente le produit et la marque d’un service ou d’une expérience indoor/outdoor à valeur ajoutée.

      Les sources de revenus proviendront des contextes (leur écosystème local)  à la condition d’y faire naitre une longue traine de services, masse critique d’utilisateurs oblige, sur laquelle atteler une forme de régie publicitaire géolocalisée et granulaire.

      Mais avec les logiques de centralisation de l’internet, des frais de péages difficilement contournables noircissent l’horizon : droit de passage aux tuyaux, d’autant qu’on passe au Très Haut Débit ; péage via la gamme de devices fermés estampillés Apple par exemple, sésame obligé à une offre de services logicielles sans équivalent.
      Ainsi 2012 serait la fin du rêve de l’Internet libre sans contrôles : on entre dans la « minitélisation » d’internet et le marché des données personnelles en contre partie d’une liberté d’usages décuplée  in the Real Life. A moins, et il faut l’espérer, que le politique ne vienne à la rescousse !




      Starbucks propose une suite numérique à ses clients : vers la métamorphose du lieu en interface ubimédia ?


      source image: Michelle V. Agins/The New York Times

      J'imaginais dans un récent billet une évolution  prochaine de la stratégie de  la marque Starbucks : Starbucks, mayor de l'hyperlocal marketing interactif ? Notamment, augmenter le lieu par une offre de services interactifs contextualisés à consommer in situ.

      Justement, on y est presque avec cette découverte ce matin lors de conférence sur les "tiers lieux" animée par le Groupe CHRONOS avec la société inProcess et accenture,  d'un indice révélateur de l'importance de l'hyperlocal dans la révolution ubimédia:  Starbucks a annoncé lundi dernier proposer une nouvelle offre, une suite numérique à consommer sur place.
      Outre le WIFI offert,  Starbucks propose des news locales en partenariat avec Yahoo et l'accès à des contenus numériques tels que Zagat et le Wall street Journal, lesquels sont des services web payants mais offerts si vous êtes assis chez Starbucks ! Très malin de rattacher  une offre exclusive de contenus numériques  à une enseigne: une manière efficace de fidéliser la clientèle à un lieu en même temps que d'amener de nouveaux clients (en s'appuyant sur le relais de la puissante communauté de starbuckers. ).  Déjà 4 % de de progression des ventes !  (Plus de précision  sur le site du NYTIMES)

      L' enseigne de café-restauration modifie son modèle économique analyse Bruno MARZLOFF,  en passant du Café basé sur la rotation des clients, vers un modèle de Café "Tiers lieu" qui propose au client de consommer au-dela du café,  une suite numérique . Ainsi, on passe de la logique de fast-food et lieu de pause-café à celle de "squatting " en prenant le temps d'utiliser des services (numériques) à consommer in situ, le lieu devenant un carrefour de présences , de "dé-mobilité" pour reprendre un des nouveaux mots appris ce matin :)

      Enseignement :  ce positionnement stratégique tient compte des nouveaux usages et comportements des consommateurs en milieu urbain, armés d'une capacité interactive ubiquitaire permise par la technologie numérique . Il faut penser la ville et ses commerces autrement, comme pluggés les uns des autres, l'hyperconnectivité aidant, le consommacteur pouvant l'espace-temps d'une halte  ou d'une destination  interagir.

      Ici,  le lieu Café Starbucks fait office de sas pour le nomade consommacteur, telle une "interface ubimédia ", c'est à dire une interface permettant d'interagir avec des "lieux physiques connectables et des lieux virtuels",  proches et distants.  Le consommateur peut accéder à tous ses lieux qu'ils soient personnels ou/et  affinitaires ( dans lequel j'inclue les offres de services)  depuis ce tiers lieu interactif. L'enseigne propose une suite de services numériques exclusifs ( cf ci-dessus) qui pourra s'enrichir mais potentiellement le client peut accéder à tout le spectre de services digitaux
      • Lifestreaming personnel comme la présence ou les traces de ses amis on air alentour ou à l'autre bout de la ville,
      • folksotopies avoisinantes 
      • Choix  d'une salle de ciné, s'informer sur les POI du coin
      • Correspondance mail perso et professionnels,  faire ses courses en ligne, gérer son compte en banque, 
      • accéder à son poste de travail virtuel, rédiger un billet, 
      • et pourquoi pas interagir avec ses lieux personnels connectés, comme sa maison située à 40 km pour  régler le thermostat , ou programmer l'enregistrement d'une émission télévisée,...) 
      • rencontrer  quelqu'un autour de soi par affinité en émettant ses hormones numériques ;-)
      • participer à un évènement local ou distant en le commentant en temps réel
      • ...
      ...bref "être la comme ne pas y etre" ...tout en sirotant un énième café...



      ps : Je reviendrais sur cette conférence trés éclairante et passionnante sur la notion de tiers lieu et in fine, pour tenter de la confronter à la notion d' hyperlieu à laquelle je me raccroche sur ce blog comme un prisme pour comprendre les enjeux digitaux IRL.


      NUI et démocratisation des usages avec Kinect (ex projet NATAL) de Microsoft dans mon salon ?

       Et si Microsoft réussissait avec son projet Natal intégré dans sa console de jeu XBox 360 là où Apple a réussi avec le tactile multitouch sur son Iphone ?

      Car avec la commercialisation du concept Natal, il s'agirait d'amener dans le salon quotidien des gens un mode d'interaction révolutionnaire car naturellement intuitif (Natural User Interface). 




       Rêvons un peu . Cette technologie basée sur la reconnaissance gestuelle et morphologique  des objets et des joueurs au sein d'un espace réduit, ici une partie de la pièce vivre de la maison, on peut imaginer des nouveaux usages au delà du jeu vidéo:

      • l'utilisateur ou les utilisateurs sont dans l'interface avec des modalités d'interaction sans manettes,  maximisant la facilité d'usage et d'interaction des services à disposition
      •  Les utilisateurs pourraient être connectés au cloud ambiant via la Xbox avec son lot d'applications façon "Appstore" (jeux, meditathèque bien sur mais aussi gestion de la maison, éducation, actualités locales, démarches administratives et voisinage, commerce de proximité, mon assureur, ma banque  mobilité multi-modale, services de conciergerie personnalisée), visiophonie, ...
      •   Sans oublier le potentiel social  en connectant l'identité numérique des personnes du foyer (leur réseau social personnel, ...) et pourquoi pas aussi au lifestreaming de la maisonnée, incluant aussi la communication avec objets intelligents ( de la boite aux lettres au frigo en passant par le thermostat, sans oublier le répondeur-avatar de réponse en cas d'absence à la maison...)

      Cette techno , qu'on pourrait qualifiée  d' "interaction gestuelle sans-contact spatiale " arrive à un moment fertile pour MS où le device domestique le plus partagé au monde réinvente son  marché en promettant de nouvelles expériences (la 3D et l'interactivité à l'internet).  Natal  sur la XBox 360 tombe à pique et devrait profiter de cette effervescence et séduire par le potentiel d'usages et d'user-experience renouvelée,  dépassant le jeu vidéo et le visionnage d'émissions ou films, pour s'ancrer dans ce qu'on pourrait appeler la "Domus Connectivité" ?  Pourquoi pas !

      Mais j'ai cru comprendre que seuls les éditeurs de jeux vidéos bénéficient du SDK NATAL ( si vous avez des précisions à ce propos, je suis preneur), une manière pour ces acteurs d'étendre leur marché au delà  du jeu vidéo en developpant une offre autour de services immersifs interactifs ancrés sur les usages domestiques ? Ca serait trop beau, vraisemblablement, ils vont se concentrer sur ce qu'ils maitrisent le mieux: le jeu. 
      Hypothèse : la stratégie de MS  dans un premier temps serait de s'assurer d'une offre de qualité sur l'usage jeu vidéo, promesse première attendue par le grand public, et surtout manière de capturer et fidéliser une clientèle, pour ensuite developper les usages dans la sphère domestique...et ouvrir le SDK  à d'autres acteurs du développement logiciel ? Allez, chiche !

      A suivre.

      maj :MS devrait faire une annonce ce 14 juin prochain à propos de Natal à  Los Angeles à la conférence E3 dédiée au Jeux vidéos. :)

      maj: MS a donc annoncé officiellement un nom sur le projet Natal de Microsoft. Ce sera donc « Kinect for Xbox 360 », le système de jeu à commande humaine. Une annonce sur le prix et date de lancement prévu ce 15 juin . A suivre .

      Starbucks USA, barista de l'hyperlocal marketing interactif ?

      starbucks-logo

      Les pieds sur terre et surtout pignon sur rue
      Décidément, Starbucks sait exploiter les nouvelles technologies digitales à des fins marketing et business pour valoriser ses lieux de vente.Je vous en parlais dans un récent billet, l'exploitation de Foursquare à des fins de fidélisation , en allouant à ses fans un badge statutaire de "roi du café" par le jeu de check'in géolocalisés dans les bars, ouvrant ainsi droit à certains avantages et couponing.





      Une carte mixte intelligente dématérialisée dans le smartphone du consommateur
      Et voici que Starbucks exploite le moyen de paiement sur mobile comme canal de fidélisation en mixant carte de fidélité et carte de paiement, le tout intégré dans une application mobile à télécharger sur son Smartphone ( Iphone et IpodTouch).  Bref, gérer sa carte de fidélité à distance, everywhere, et in situ une fois sur place au lieu de consommation. Apres une période de test concluante dans une zone géographique limitée, l'enseigne déploie cette application mobile, la Starbucks Card Mobile App , dans plus de 1000 stores Outre atlantique.


      starbucks_iphone


      Carte prépayée connectée : mon smartphone pour choisir mon café, payer mon achat et gérer mes coupons d'achat
      L'appli  permet aux clients de Starbucks de dérouler une commande, de vérifier leur solde, de recharger la carte et visualiser les transactions ( historique client) et payer,  à partir de leur smartphone.


      Attachement à la marque : mon smartphone pour me récompenser
      Une marque qui fidélise par le mode de paiement en dématérialisant la carte de fidelité dans le device smartphone, permet du coup d'enrichir, d'augmenter les capacités de cette carte de fidélité  et donc renforcer l'attachement à l'enseigne et au lieu :


      -intégrer du couponing personnalisé  immédiat et géolocalisé,

      -pousser des services plus , par exemple offrir le WIFI gratuitement 2 heures d’affilées .

      - situer par géolocalisation les starbucks les plus proches

      Starbucks, what next ? Vers l’ubimedia business en valorisant l'écosystème local personalisé
      Pour l'heure, l'innovation de Starbucks s'en tient la.  Mais, je suis prêt à parier que ce n'est que le début  d'un vaste programme visant à tirer parti des capacités du digital poussé au niveau du point de  vente à  l'heure du nouvel internet ( social, mobile, multi-devices, hyperlocal, en temps réel, bref ubimédia) .  Aussi, faut-il considérer un bar Starbucks comme un hyperlieu qui s'interface aux autres lieux de la zone géographique, formant écosystème animé par des allers et venues de challands connectés à leur lifestreaming personnel et aux  offres de services des acteurs locaux ambiants. A partir de là, le champ des possibles  est ouvert en terme d'usages et de services mais aussi de valorisation de la connaissance client et gestion de l'identité numérique (...)


      On peut imaginer des synergies cross-services (avec Foursquare justement) et des partenariast locaux  . Une piste  pour une enseigne telle que Starbucks consisterait à monétiser et valoriser chacun de ses bars en tant que carrefour d’audience du quartier au profit de l’écosysteme local . Par exemple des couponning combinés avec d'autres enseignes avoisinantes, un peu à la manière de MacDonald et les salles de cinés. Il y a cette idée fondamentale pour les réseaux d'enseignes de syndiquer des lieux parce qu’ils encapsulent de la valeur ( de contenu, de services,  d’audience qualifiée , de micro-communautés) . Le wifi aidant, on peut aisément imaginer l'enseigne pousser un mini-cloud serviciel personnalisé sur l'enseigne ,  l'application mobile étant le capteur ( mais on peut imaginer d'autres devices tactiles ou des stickers avec flashcode ou objets communicants avec rfid, des widgets interactifs off line comme l'initiative de Diesel avec facebook ) pour accéder à des services + et des contenus  co -brandés, contextualisés autour du bar et selon l'écosystème local. Il s'agit "un peu plus" que la simple monétisation de panneaux d'affichage dynamique ( ces écrans TV avec spots  diffusés en boucle) ;  il s'agit de monétiser un espace physique devenu interactif et affinitaire:  un hyperlieu enrichi par la présence d'une communauté de niche des habitués et des visiteurs de l'endroit interagissant avec des services digitaux in situ. Une sorte de cybercafé sans fil interconnecté à la zone géographique , en sommes :)




      Qui dit hyperlieu, dit e-reputation locale
      A partir du moment où la valorisation d'un lieu passe par ses visiteurs et leur interactions, il faut intégrer la dimension de e-reputation à l'échelle du lieu et donc de l'enseigne qui l'habite et l'anime.  C'est dire que le rôle d'animation du tenancier ou responsable du point de vente  doit acquérir des compétences en community management et  mise à niveau en "geekeries" . Pour s'en convaincre,  ce témoignage sur l'usage détourné qui a été fait de Foursquare à propos d'un Starbucks parisien, une forme de hacking à la française . A tel point qu'on pourrait se demander s'il ne serait pas opportun d'éditer un badge  "raleur du coin" (c'est bien connu, on aime bien raler plutot que plébisciter en France, non ? ;-) ...





      Bonus : la vidéo de lancement de la Starbucks Card Mobile App:
      *Idée de syndiquer des lieux parce qu’ils encapsulent de la valeur ( de contenu, d’audience, de niches).


      A suivre.