Cartes de paiement bancaire, sources d'innovation

Deux cas inspirants de cartes innovantes

"La Carte thématique totémique"
La Société Générale va éditer fin 2009 une carte Rolling STones "collector" en partenariat avec Universal Music, en édition limitée, sorte de carte tribale " fans de musique" auprès de la cible jeunes, offrant des services de niche (télécharger entre autre, à tarif préférentiel de la musique) .




"La carte individuelle à la carte"
Le Crédit Mutuel Arkéa s'illustre aussi en lançant la nouvelle offre bancaire (et pour le coup nouveau site) de sa filiale banque en ligne Fortuneo, innovant notamment dans la personnalisation en ligne de la carte bancaire
  • Possibilité d'habiller la carte en choisissant son skin à partir d'une banque d'images proposée via le site ou à partir d'une image personnelle téléchargeable depuis son ordinateur personnel
  • Pouvoir décider ( carte virtuelle) d'un montant maximum autorisé à débiter et affecter la carte à un type d'achat !

Ces deux exemples indiquent un signal fort de la banque vers l'autonomisation du client.

"La carte individuelle à la carte" pourrait-on presque dire, au service de plus de liberté, de plus de responsabilisation et d'autonomie mais aussi comme une émanation de soi. La carte outil de transaction devient aussi intime et révélateur de personnalité du porteur.
On accentue la logique de reconnaissance vers l'ego-valorisation par la matérialisation d'un signe identitaire ou expression de soi sur un support physique. La carte de paiement se vivrait comme une extension de soi, et donc la banque à mon image. Et surtout, cette ego-valorisation s'accompagne d'un personnalisation pratique en permettant à tout un chacun de paramétrer les fonctionnalités transactionnelles ou/ et d'accéder à des services attendus par la cible.


La banque de détail en se raccordant aux nouveaux usages et besoins de consommateurs peut devenir un terrain propice à l'innovation, que d'autres acteurs investissent aussi.

Je pense en autre aux nouveaux usages 2.0, communautaire et mobile.
  • Ainsi d'autres acteurs des solutions de paiement se sont déjà exprimés sur le terrain 2.0 : Mastercard par exemple, qui propose une carte de paiement prépayée à dimension communautaire : Facecard ou la carte comme extension de soi reliée à son réseau de proches avec qui agir en commun.
  • Et quand aux usages mobiles, on peut citer l'offre innovante de Paytoomobile : quand le téléphone mobile devient non pas carte bancaire, mais banque personnelle ...

L'ubimedia au service du bien vieillir dans les territoires ?



Invités à la rencontre interterritoriale "Innover pour bien vieillir dans les territoires"

Dans le cadre de l'approche ubimedia et des hyperlieux ,mon confrère Stéphane Thorel et moi-même avons a été invités :-) par la FING (que nous remercions à nouveau ici) à réagir sur 2 des 5 scénarios concoctés par le cercle de réflexion du programme PLUSLONGUELAVIE , portant sur la mobilité et la consommation citoyenne avec deux fils rouge en filigrane : à l'horizon 2020, comment les TIC peuvent accompagner le bien vieillir dans les territoires, les communes, les quartiers ; et comment avancer concrètement pour donner corps à ces projets.

Une synthèse des échanges très riches et foisonnants, faits de témoignages et retours d'expérience est disponible ici.


Synthèse de nos réactions :


1.La technologie est au service des usages : c'est la technologie qui peut entre autre, ouvrir le champ des possibles et innover sur les usages des lors qu'un besoin existe: le transport en commun "On Demand" et l'approche collaborative, la personnalisation des alertes, etc...tels qu'on a pu le voir dans les scénarios présentés.


2. Et notamment au service du bien vieillir : L'ubimedia et ses technologies visent à augmenter la mobilité qui se réduit naturellement du fait de la prise d'âge.Mais cette diminution de la mobilité n'est pas la même selon le degré d'autonomie de la personne : autonomie active, autonomie réduite, autonomie dépendante.


3.Nous serons des papis et mamies "digital natives" : Les usages mobiles et l'utilisation des devices qu'ils supposent (Internet domestique, Internet mobile, Internet in situ comme une carte interactive tactile sous abribus, une application embarquée sur smartphone, etc...) posent davantage la question de l'accessibilité desdits devices et moins celle de l'apprentissage et de la culture technique ( En 2020, les séniors seront des "technophiles connectés"). Il faut donc appréhender ces nouvelles interactivités et interfaces sous l'angle ergonomique en tenir compte des handicaps naturels qui viennent avec l'âge.


4.Modèle de solidarité, politique citoyenne et technologie : Ces scénarios sous-entendent de réinstaller la responsabilité des personnes du grand âge à l'échelle du proche et de l'hyperlocal (chez soi, son quartier, son hameau) et donc son réseau de proximité: au fond, la mobilité des personnes âgées se rapporte au lien social et au vivre-ensemble quotidien de l'entourage urbain (les voisins) et quelque soient les générations. L'accompagnement au bien vieillir pose un préalable : libérer l'initiative locale et micro-locale, au niveau de chacun et au niveau du tissu associatif de proximité. A ce titre, les TIC , notamment l'internet de proximité sont facteurs de libération et fédération d'actions locales .

Il s'agit donc de passer d'une implication verticale à une implication horizontale de la responsabilité solidaire, ce qui n'est pas sans rappeler l'essence même du Web 2.0 qui décloisonne et rompt avec la communication ascendante et individualisée. Ainsi, les politiques publiques territoriales (qu'elles émanent des régions, départements ou au niveau de la ville) doivent s'adapter à cette nouvelle donne.


Mais il semblerait que cela soit précisément leur talon d'Achille....



5.ET si les marques prenaient l'avantage sur l'action publique ?

Certaines marques et acteurs du privé l'ont bien compris et y voient là une opportunité d'image en sponsorisant l'utilité (branded utility) et à terme du placement produit . A ce titre, l'initiative AidonsEnsemble (un réseau social de type facebook), mise en place par la société Seniosphere et financé par Nestle Nutrition peut éclairer...


"Expérimenter c'est bien, oui mais après ?" L'enjeu du financement et de vitesse de décision

Pour conclure ce reportage, l'interpellation de Daniel Kaplan à l'assemblée composée majoritairement de responsables publics de l'innovation et de la mobilité dans les territoires ainsi que sur les questions de séniorité .

Daniel Kaplan relève un point évoqué dans les débats sur la difficile marge de manœuvre des acteurs publics pour installer les innovations à l'échelle des territoires. Il souligne la nécessité pour ces acteurs publics d'adopter une nouvelle posture pour ouvrir des espaces afin de permettre des initiatives, notamment sur la question des financements et dépasser la nécessaire étape d'expérimentation.


Pas simple.Mais le marché semble mûr. A bons entendeurs ...



Je vous invite à visionner ces scénarios et n'hésitez pas à les commenter !





transavia.com, une communication de marque contextualisée au lieu commun de la ville





Repéré sur le blog de Henri Kaufman , cette campagne d'affichage in situ en out-door sur les MUPI JC Decaux ne passe pas inaperçue.

Une accroche associée à la marque est formulée de manière personnalisée comme en clin d'oeil à la mémoire collective attachée symboliquement à un lieu ( l'exemple ci-dessus se rapporte au quartier de Pigalle). En complément, un groupe facebook dédié invite à poursuivre l'expérience mais on regrettera que cet affichage en out-door et l'invitation à participer sur Facebook ne soit pas plus explicite (ne serait-ce que pour déclencher le bouche à oreille) .

Cependant, cette campagne innovante inspire . Aujourd'hui, l'usage est un affichage classique papier contextualisé. L'initiative confirme en effet l'attrait et l'intérêt pour l'hyperlocal et l'importance du lieu (hyperlieu) qu'une marque, ici, Transavia exploite en campagne d'affichage out-door classique.

Enjeux

Mais imaginons les champs des possibles pour un marketing in situ avec les nouveaux écrans et devices mobiles, se faisant complices de ces lieux visités, traversés, habités, éditorialisés, par/pour les gens...

Une forme de spam ou bien une approche qui pousse les marques à réinventer le permission marketing sur une nouvelle échelle : celle de l'hyperlocal à l'heure de l'infomobilité et du tout connecté ?

Crowdsourcing urbain, un expérientiel de marque

Un groupe facebook Publicités Transavia permet aux gens de s'essayer à la prose de quartier en y associant la marque et de fait apprivoiser celle-ci par cette mécanique de composition in situ micro-contextualisée. Les gens devenant pro-actif dans un expérientiel de marque, une marque qui aura su engager au jeu.

Inspirant, non ?

On pourrait envisager de géolocaliser ces accroches publicitaires dans un appli de réalité augmentée mobile ou bien en affichage dynamique (donc interactif) sous abribus ou plus simplement avec un flashcode pour permettre un premier niveau d'interactivité.

A suivre.

l'hyperlocal communautaire, la promesse Moxity



Repéré sur Mashable , Moxity ne se contente pas d’être une plateforme sociale de partage d’événements. L’intérêt ici est la dimension de l’hyperlocal (notion que nous avions déjà commentée ici avec ma-residence.fr), avec cette faculté qui est donnée à tout un chacun d’organiser un événement de quartier par et pour les acteurs locaux (les habitants, les associations locales, les collectifs locaux, les commerçants …), et pourquoi pas des annonceurs et marques en quête de proximité ?
Il ne manquerait plus qu’une version mobile et des applications mobiles (sur iStore notamment) pour valider complètement cette promesse de l’hyperlocal afin de profiter du potentiel des trajectoires et des situations de mobilités … et bien sur, une masse critique d’organisateurs et d’inscrits au service.

Quel modèle économique ?
Le modèle économique est basé sur une commission sur les billets vendus via Moxity. Ce qui permet de délivrer un service gratuit pour l’organisateur d’événement, facilitant les choses pour atteindre cette masse critique d’utilisateurs.
Petite question: le modèle économique de Moxity prévoit-il aussi un dispositif de publicités hyperlocalisées ou/et de liens sponsorisés géolocalisés ? Un peu à la façon de ces annonces de quartier dans le cinéma du coin pour promouvoir un restaurant local, un club de sport local à coté du dit cinéma de quartier, précisément.

Quel dispositif de « Faire connaitre » pour un service social de proximité ?
L’enjeu de ce nouveau type de service hyperlocal passe par l’invention d’un dispositif de nouveau genre maximisant la visibilité à la fois localement et socialement.
• Socialement, la réponse est vite trouvée : à minima, le partage des événements sur les réseaux sociaux ancrés au temps réél tels que Facebook, twitter ; à maxima, plugger Facebook Connect
• Localement, on pense à une présence du service sur les principales plateformes d’applications mobiles tel que iStore déjà citée plus haut. Mais on imaginerait aussi une présence distribuée sur les trajectoires des utilisateurs potentiels en mixant techniques de street marketing, publication print dans les magazines locaux papier et web, et affichage dynamique en outdoor (Digital signage à l’échelle de quartier), bref un véritable dispositif multi-canal de proximité ou campagne 360 hyperlocalisée. pour fluidifier l’inscription au service et faciliter la viralisation auprès de son réseau d’amis.

Pour une posture de marque de proximité utile
Bien évidement, qui peut s’offrir un tel dispositif aussi granulaire ? Une piste de réponse : un gros acteur cherchant à redynamiser sa communication de marque au plus proche (relationnel de proximité) en s’associant à ce type de nouveaux services hyperlocaux, la marque adoptant ainsi une nouvelle posture, celle d’opératrice de services locaux et mobiles au plus près des nouveaux usages. Moxity pourrait être un de ces services…

A suivre !

ps : ces problématiques liées au contexte, aux situations de mobilité, au local dans un monde devenu hybride (l’internet investit le réél), formidable terrain d’aventure aux nouveaux usages et nouveaux services et nouvelles postures marketing sont plus largement abordées sur notre nouveau blog dédié à l’ubimedia : www.ubimediagarden.com

Ces applications mobiles qui éditorialisent l'hyperlocal à la sauce 2.0

L'hyperlocal, l'internet de proximité cristallisent de nouveaux usages digitaux. Ainsi, les outils géolocalisant et contextualisant les contenus micro-bloggés et partageables tels que les tweets émergent de plus en plus.
  • prémisse avec bakertweet qui alertait les voisins abonnés au flux de leur boulanger de quartier quand le pain était prêt,
  • twittervision qui donne une vision globale des tweets locaux en temps réél,
  • des apps sur iPhone tels que Twittori localisant les tweets en présentant une vue cartographique locale de l'endroit de son choix .Dans la même veine, Brighkite permet de géolocaliser photos, microblogging en temps rééls mais aussi ceux postés ultérieurement par d'autres (ses amis, des anonymes, ...) , une sorte d'historisation des présences et publications des visiteurs du lieu.




Avec Twitteraround on passe à un cran supérieur dans l'exploitation servicielle de l' hyperlocal, grâce à la réalité augmentée mobile.
  • L'appli affiche la vue des tweets en situation de mobilité, c'est à dire in situ, là où je suis, à la fois en temps réél et mais aussi "en historisation", permettant de voir les traces déposées par les gens là où je suis ( un avis, un commentaire, un tweet, un lien, une photo, une vidéo, une humeur sur un lieu).
  • L'innovation avec Twitteraround réside dans le fait qu'elle tient compte du lieu physique où je suis réellement. Un peu comme si le lieu courant que je suis en train de visiter était la page web courante que je suis en train de consulter, sauf que le navigateur n'est pas un navigateur web mais une appli sur mobile de nouvelle génération, sauf que je ne suis pas à distance mais bien in situ. Le lieu s'éditorialise, s'augmente de ces contenus déposés par les gens (ce lieu devenant un hyperlieu) .

L'hyperlocal a donc pour corolaire l'éditorialisation de la ville et qui plus est,
une éditorialisation participative, le web 2.0 étant passé par là, bien ancré dans les usages digitaux.
  • Ainsi, ces applis associant appareil mobile + réalité augmentée mobile + usages de publication et conversation, font entrer la mobilité un peu plus encore dans l'ère de l'ubimédia, la carte fusionnant avec le territoire. En effet, ce territoire ne devenant plus un "simple" lieu qu'on visite ou habite mais devient un lieu de publication et partage. Le lieu réel est augmenté numériquement, aisément accessible, à la fois in situ (là où je suis) et partout où je vais, où je vais aller, où j'ai été.
  • Mieux encore, ces écosystèmes et infosphères rattachés à tel lieu pourront être hyperliés à d'autres lieux, reliant les écosystèmes hyperlocaux entre eux . Pour reprendre l'analogie avec la page hypertexte, si on peut parler de page courante et pages hyperliées à celles-ci, on pourra parler d'un lieu courant hyperlié à d'autres lieux. Et in fine, s'ouvre la perspective d'un réél cartographié à la fois hyperpersonalisable, partageable et affinitaire puisque fonction des lieux, des trajets et activités digitales de chacune des personnes ( du moins celles portant les attributs de l'homo mobilis).


Pour aller plus loin :
A lire cette interview de Joel de Rosnay concernant sa vision prospective d'environnenement cliquable et favoris physiques que l'application Sekai Camera ( video ci-dessous ) est venue confirmée (second prix de la meilleure innovation sur Internet « Net Explorateur ( février 2009).







Une plus récente application confirme la tendance, Layar tournant sous android, permet de visualiser les offres immobilières proches de l'utilisateur.






Serez-vous une marque innovante sur les nouveaux usages à l'ère de l'ubimedia ?

les gens au coeur des usages, les usages au coeur des lieux

Une conviction :
L'investissement des sphères de vie du réel (conviction que j'ai développé dans ce billet sur les hyperlieux) par l'internet peut répondre à des usages concrets. L'internet qui va compter est l'internet de proximité qui sort du carcan internet tel qu'on le connait depuis quelques années ( "web au format 1024"), pour épouser les usages en situation de mobilité et d'extérieur ("out-door" comme on dit chez les marketeux). L'enjeu de l'abolition des distances grâces aux technologies a surtout pour conséquence première de re-dynamiser la relation au proche, là où vous avez le plus de chance de rencontrer des gens et donc là où se font les nouveaux usages. L'internet classique nous avait trop habitué à nourrir une ubiquité virtuelle avec le distant, le lointain. Et c'est avec les outils d'instant messaging ( tel que le fameux Windows Live Messenger) d'abord puis avec le web 2.0 et l'émergence des réseaux sociaux que le rapprochement à l'autre s'est réinventé ( myspace, facebook) et plus encore avec les réseaux sociaux de proximité tels que peuplade.fr mais aussi les dernières plateformes sociale mobiles de géo-proximité que sont brightkite par exemple, ou autre aka-aki .

En marketing et innovation des services, il n'y a d'ubimedia que dans le proche des gens et donc les lieux qu'ils habitent et les trajectoires qu'ils empruntent. C'est en tous les cas cette facette de l'ubi du media qui doit impacter le nouveau relationnel des marques et des entreprises. 2009, année des LBS, location based services confirme une étude ,
le relationnel de marque ne peut que s'engouffrer dans ce proche, "pour le meilleur et pour le pire" en animant une nouvelle posture de marque, celle de s'interfacer aux lieux de vie des gens : les hyperlieux ( lieux d'ancrage et lieu de transit...).

Chacun développe son expérience du lieu qu'il traverse depuis longtemps.
La technologie permet aujourd'hui d'augmenter l'expérience au lieu.


Comment innover ?
Se pose alors la question de l'idée créatrice, de l'identification de ces nouveaux usages dans un de ces hyperlieux, la réalisation du projet, son industrialisation, son financement et sa maintenance.
Un début de réponse :
l'innovation collaborative centrée sur les usages .

Prenons un cas concret révélé dans
l'actualité web et la blogosphere : le projet pilote de
l'ascenseur numérique expérimenté précisément dans un hyperlieu d'ancrage, à savoir un habitat collectif à Alfortville.

Ce qui interpelle ici c'est la démarche d'innovation mise en place pour aboutir à la réalisation d'un dispositif qu'on peut qualifier d'ubimedia car centré sur un hyperlieu et son ecosysteme de proximité :

  • une démarche d'innovation collaborative qui allient 3 entreprises (un bailleur Logial -OPH, et Schindler , fournisseur en habitat collectif, et ma-residence.fr, fournisseur de services de proximité par internet ) pour faire évoluer la chaine de valeur de leur métier respectif via ce nouveau service censé répondre à des attentes concrètes en habitat collectif et susciter des nouveaux usages. Cette démarche d'innovation amène à des solutions créatives car elle fait se rencontrer des métiers différents qui confrontent leurs visions sur des besoins finaux que les uns et les autres définissent sous un angle du coup plus fin et sans doute en impliquant les consommateurs finaux (les habitants) au processus d'innovation.
  • L'innovation qui fait rencontrer un produit avec des usages comme facteur clef d'innovation à valeur ajoutée : elle consiste non pas à rendre un produit plus innovant ( par exemple ici un ascenseur) mais à innover en "augmentant" ce produit par des usages des consommateurs finaux, et ce, grâce à la technologie : informations collectives sur la co-propriété, petites annonces, messages personnels, agenda du quartier...
Reste à voir comment tout cela se vit concrètement sur le terrain ... mais j'imagine que c'est le but avec cet essai pilote d'ascenseur numérique à Alfortville.

Et ce n'est pas gagné, ce nouveau type d'expérience au contexte implique des règles qu'il faut savoir anticiper :
  • quid du rejet de ce qui peut être perçu comme une intrusion commerciale dans une sphère de vie qui relève de l'intime ( du chez moi) ? Quid du degré de permission marketing cher à Seth Godin ? En ce sens, l'ascenseur numérique a pris la précaution de valoriser les commerçants de proximité connus des résidents .
  • Quid du droit à l'anonymat versus enrichissement du lien social ?
  • Quid de l'impact sur l'écosystème réel , par exemple ici, l'évolution du métier de gardien d'immeuble ou concierge: un emploi de proximité sociale qui va disparaître ou bien l'occasion de redynamiser ce métier en le dotant de compétence en community manager de son immeuble ? ;-)
  • Quid de la convergence et mise en réseau avec les autres lieux d'ancrage et de transit des trajectoires de chacun, bref comment les stratégies out-door des habitants s'intègrent -elles ?
  • Quid de l'appropriation par les usagers ? Sont-ils véritablement au coeur de l'invention de l'usage ?


Proximité et convivialité au cœur du quartier est la promesse du projet Atom ,
une interface collective de services de proximité
imaginé par les étudiants de l'école de l'image des Gobelins
s'appuyant sur une démarche d'innovation user centric et collaborative avec les habitants.

Projets à suivre de près donc.
La démarche centrée sur les usages locaux couplée à une démarche collaborative me semble une approche très actuelle et prometteuse pour répondre aux défis créatifs du marché des services ubimedia émergents. D'autant que les entreprises et leurs marques doivent s'adapter en composant dans ce nouveau cadre avec des acteurs positionnés sur l'infomobilité : nouveaux entrants en technologie ubimedia tel que Mobiltag, Airtag, mais aussi les acteurs tels que JCDecaux ( lire cet interview de
Albert Asseraf sur les marques dans la ville interconnectée) sur des secteurs étroitement liés aux hyperlieux et la mobilité comme les transports , l'urbanisation, le tourisme, les enseignes, les itinérants , sans oublier les acteurs de l'affichage dynamique (Digital signage).

Les hyperlieux comme interface relationnelle ubimedia

Un précédent billet portait sur nouvel usage, le réseau social de quartier, à savoir la démarche de ma-residence-fr et le projet du Nouveau Vivre ensemble de Charles Berdugo ( lire mon billet précédent) qui fait du lieu de vie des résidents une communauté active locale matérialisée dans un réseau social digital. J'y indiquais l'importance que revêt la notion de proximité dans la compréhension des nouveaux usages de la mobilité, mais une notion de la proximité qu'il faut appréhender au delà du sédentaire et du résidentiel.

L'enjeu de l'internet de proximité s'inscrit dans une approche plus globale que l'ancrage sédentaire car il doit être compris aussi sous l'angle des trajectoires entre les lieux qui matérialisent la mobilité de chacun.

L'internet de proximité est à mon sens le grand virage des services digitaux qui s'opère aujourd'hui et qui va impacter la présence de marque, notamment en l'orientant sous l'angle des services locaux et glocaux (si on intègre la mobilité).

La révolution web 2.0 n'était-elle qu'un signe annonciateur d'une révolution plus grande encore ? Je parle de ce réinvestissement du réel par le digital, le réel devenu interactif et communiquant, où l'interaction au contexte devient la nouvelle interface ubimédia, ce que j'appelle l'hyperlieu . L' hyperlieu par analogie avec hyperlink et cette idée que l'usage du lieu où on se trouve ou qu'on traverse, est augmenté : services personnalisés, fluidité et réactivité, échanges et partages des flux d'information , de conversation, de transaction liés au contexte.
Augmenter un usage" n'est pas un nouveau "babarisme" geek qu'on évoque souvent à propos des technologies de réalité augmentée mais est bien une notion à apprivoiser en situation de mobilité et l'expérience au contexte réel. Pour illustrer la notion d'usage augmenté, j'aime bien prendre l'exemple de ces ados activant et désactivant "on demand" les roulettes de leurs chaussures (rolling shoes) en fonction de leur humeur mais aussi de l'endroit où ils se trouvent, passant de l'état de piéton à l'état de "bolide" sur un passage piéton avant que le feu ne passe au vert ...



Ainsi, l'individu nomade, homo-mobilis, est avant tout un individu des hyperlieux, un individu multi-contexte.

Et du coup,
changement de la donne pour les marques qui avec le web 2.0 apprenaient à devenir "conversante", doivent aujourd'hui
apprendre la mobilité , toujours dans le souci d'optimiser le relationnel avec leurs cibles . La formule" être là où se trouvent et se retrouvent les consommacteurs" est encore plus appropriée avec cette notion d'hyperlieu.

Les réseaux sociaux de proximité tels que Peuplade.fr, ma residence.fr se rattachent à un type de lieu bien spécifique :le lieu sédentaire ou le local de résidence et son écosystème d'acteurs locaux et donc de services connexes.De même, dans les autres types de lieux : le lieu du travail, les lieux du trajet quotidien et cette idée in fine que l'individu est un nomade avec son lot de trajectoires, de points de départ et de destination quotidiens qui sont autant de lieux de vie familiers ou inconnus à apprivoiser.

Ce qui nous amène à prendre en compte un nouveau terrain de jeu relationnel pour les marques , alliant marketing de la provenance et de la destination, trigger marketing, waiting marketing, bref ce qu'on pourrait appeler " marketing in situ ". Et de considérer les situations de mobilité et les écosystèmes de proximité rapportés à chacun de ces lieux de voyage quotidien
comme un nouveau prisme pour imaginer et orchestrer des nouveaux canaux relationnels liés aux hyperlieux . La marque, au plus pres des nouveaux usages, comme opérratrice de services locaux ?




Les hyperlieux comme interface relationnelle ubimedia entre une marque infomobile et un client mobile
agrandir le schéma

La proximité concentre l'essentiel des lieux de vie du consommateur
(source Journal de campagnes, P.Q.R 66)

agrandir le schéma

Les enjeux de la mobilité et de l'internet de proximité couvrent donc d'autres échelles que le sédentaire. L'individu nomade est relié à ses autres hyperlieux, qui ponctuent les étapes de ses itinéraires et univers nomades quotidiens: hyperlieux d'ancrage, hyperlieux de passage ou de transit, mais aussi hyperlieux impromptus, voire accidentels. Et pour chacun de ces hyperlieux une mémoire vive de traces nomades et les services connexes associés : des hyperlieux qui se souviennent, qui s'actualisent, qui se partagent, qui agrègent des conversations.

Ainsi, l'essor des nouveaux usages de la mobilité (ces réseaux sociaux de proximité entre autres ) sous l'impulsion d'une démocratisation des technologies mobiles (
par exemple, les nouveaux connecteurs et transmetteurs de l'internet des objets équipant les nouvelles interfaces urbaines, la ville 2.0 et son 5eme écran ) imposent un nouvel angle de lecture de l'internet du point de vue de la conception d'interface et de services interactifs, du marketing et du relationnel de marque.

Les hyperlieux peuvent être considérés comme l'interface relationnelle ubimedia avec des clients, des consommateurs ou usagers, devenus nomades connectés à l'internet ambiant mais en prise avec les différentes sphères du réel de proximité qu'ils habient durablement ou de manière temporaire ou éphémère ( celles où je suis comme celle où je vais, bref tous mes hyperplieux) . Et de ce point de vue , s'interroger sur les opportunités de présence de marque dans ces hyperlieux.




Présence de marque en point de transit dans l'hyperlieu Gare de Lyon
Campagne IKEA en gare de Lyon cet hiver par l'agence Ubi-bene , Ubi justement ;-)


Pour aller plus loin:
Suivre le blog éclairant de Bruno Marzloff du groupe Chronos
Suivre le programmes ville 2.0 de la Fing etDaniel Kaplan
Voir aussi ce billet sur l'intitiative Bluenity d' Air France KLM
Marketing Magazine, N° 132, Juin Aout 2009, "Mobilité, quand tu nous tiens".

Les réseaux sociaux de proximité comme liant social dans la vraie vie ?




J'ai assisté mercredi 17 avril au premier colloque sur le Nouveau Vivre ensemble et l'internet de proximité, à l'occasion du lancement d'un ouvrage Le nouveau Vivre ensemble, ( éditions Descartes & Cie, 2009) rédigé par Charles BERDUGO, porteur du projet de réseau social de proximité ma-residence.fr et livrant à travers cet ouvrage un véritable plaidoyer en faveur du lien social et la nécessité de réinventer les formes de vivre ensemble aujourd'hui. Le débat animé par Jean-François Rabilloud (journaliste à LCI) unissait aussi Atanase PERFIAN ("La fêtes des voisins" et "Immeubles en fêtes", voisinsolidaires.fr, c'est lui !) , Guillaume ERNER, sociologue et professeur à Sc Po, Laurent MARUANI, économiste et professeur à HEC...Il a été beaucoup question de la réalité du lien social aujourd'hui dans les villes et comment celui-ci se désagrège et en quoi les nouvelles technologies de l'information pouvaient le "réinitaliser". J'ai retenu plusieurs idées fortes :

1.
Précarisation du lien social
  • "Le vivre -ensemble va moins en soi", nous sommes dans une société de défiance et individualiste avec un réflexe au repli sur soi. Le nombre d'associations en France n'augmentent pas contrairement au reste de l'Europe, tandis que 90 % des associations françaises sont des associations orientées conso, la part des associations d'entre-aide et d'action collectives faiblissant.
  • On est passé d'un lien d'appartenance à un lien de processus, de service: conséquence, l'entretien de ce lien a un coût.
  • La durée moyenne des liens sociaux se raccourcit sur toutes les sphères de socialité : emploi, couple, amis, résidence, ... Bref, "la relation à l'autre est tout sauf durable".

2.Émergence de nouveaux comportements, la crise comme catalyseur de changement
  • La crise peut accélérer le changement en favorisant les initiatives locales dopées par un esprit web 2.0 ( logique participative, maillage des relations d'individus entre eux, co-créativité) lequel peut inspirer une autre façon de vivre ensemble, de partager et se ré approprier le local sur les différentes échelles de vie du quotidien sédentaire : le quartier, la rue, l'immeuble, la résidence.
  • Le succès des nouvelles formes de socialité sur l'environnement de proximité via lesquels les habitants réinvestissent leurs lieux publics de vie en actions, en vécus partagés, en émotions, en rencontres, en projets tout en préservant les sphères intimes ou individuelles. Je pense à l' engouement pour les fêtes de quartier, je pense aux fameuses flash mobs, aux différentes fêtes locales (fêtes des jardins, vide-greniers, etc...).
  • Un comportement d'achat qui "s'écologise ": l'acte d'achat s'allonge dans la durée et se localise : on prend le temps, on se concerte, voire même on prête pour ne pas dire on troque, on fait soi-même . Allons nous vers une sorte d'économie locale de recyclage ?


3.Des nouveaux réseaux social digitaux à l'échelle du quartier, de l'immeuble, du proche quotidien
  • Les réseaux sociaux de proximité tels que peuplade.fr, Voisineo.fr et Ma residence.fr , voisinssolidaires.fr s'inscrivent dans cette dynamique et parient sur le potentiel des nouveaux modèles de relation de proximité sédentaires.
  • A l'inverse des réseaux sociaux plus classiques de type facebook, myspace où l'individu gère son personal branding le plus souvent derrière un avatar, on remarque que les individus qui s'inscrivent dans les réseaux sociaux de proximité utilisent plus aisément leur véritable identité. C'est un signal fort d'implication dans le réel où l'usage du virtuel n'a d'autres fins que d'améliorer, faciliter, augmenter l'usage du réel de proximité et de se représenter à visage découvert . Et le grand intérêt de ces nouveaux services on line de proximité est de fournir simplement des outils pour agir localement et permettre à l'individu d'augmenter sa capacité individuelle à participer au collectif local.




4.Pour activer et dynamiser un écosystème relationnel de proximité
  • Enfin, c'est permettre une interactivité concrète et vivante entre des acteurs locaux qui de part leur statut, structure, temporalité, ne communiquaient pas ou mal, voire pas du tout. Ces réseaux sociaux de proximité sont donc un moyen simple et immédiat de connexion et mise en relation d'un écosystème local d'acteurs entre eux : syndic, commerçants, bailleur social, élus, prometteurs, entreprises, résidents... "Un écosystème de la proximité qui interagit pour créer du lien social" pour reprendre Charles Berdugo.

5.Des freins à la mise en place de ces réseaux sociaux de proximité ?
  • Atteindre une masse critique locale (le seuil de "20 000 habitants par ville" a été évoqué ?) pour gagner en efficience
  • Faire évoluer les mentalités même si les comportements d'implication participative et la culture 2.0 sont des signaux favorables à ce changement de mentalités. Le web 2.0 traduit une prise de conscience que tout un chacun peut agir sur son environnement (cf le fameux consomm'acteur). Il est vrai que certains acteurs de l'écosystème de proximité sont culturellement moins enclins à cette approche...
  • Le risque de la surexposition et la perte de contrôle de sa réputation locale (personal branding local)
  • La sécurité des données et le respect de la confidentialité: cela suppose donc des CGU optimales garantissant les droits des membres de ces réseaux
  • Le risque que la technologie soit pensée avant les usages alors que ce sont les usages qui sont à inventer, la technologie venant s'y greffer et y apporter fluidité et efficacité. Tout reste à inventer, à tester, à observer.



En conclusion, un débat passionnant, l'envie de décortiquer ce livre . J'émettrais juste une remarque : les réseaux sociaux de proximité ne peuvent se limiter à une vision sédentaire mais s'ouvrir aussi à une vision repère du lieu d'habitation ."Mon chez moi" ou "mon immeuble "sont un repère plus qu'un lieu sédentaire. Penser donc ce réseau social on line de proximité comme superposé de couches fonctionnelles ouvertes permettant de rendre mon immeuble et ma communauté de voisins comme un tout communicant hic & nunc, à distance, "everyware" partout où je suis. Certes j'y vis, mais j'y vis autour et surtout j'en viens et y retourne " .

Il y a une dimension "ubiquitaire", "infomobile" et de trajectoires à associer entre tous ces points d'ancrage et de passage dans les lieux du réel qui jalonnent nos chemins quotidiens ; ce qui suppose une infosphère inter-connectée des lieux de chacun
( vision que j'aborderai dans un prochain billet).

Pour finir, une petite vidéo de présentation de ma-residence.fr:
.



Quand la commentopshere façonne le lifestreaming de marque











L'envers et l'endroit d’une même médaille, le spectre, le signal de la réputation d’une marque : d'un coté, adictiz, qui s'annonce comme "le 1er réseau social dédié à l'univers des marques", une plateforme soignée ( cf billet de Stéphane Thorel) faisant appel plutôt aux fans de marque et l'autre coté, jesuisencolere.com une plateforme au parfum plus "alternatif et associatif" faisant appel aux (droits) des consommateurs ... C'est la guerre d'influence désormais qui s'installe au delà la blogosphère mais bien dans la commentopshere.

On constate que
l'usage de review conso qui s'est démocratisé avec les comparateurs de produits (ancestralement Ciao, puis les twenga, Vozzavi et autres Looneo, Reevo, BazaarVoice, ...) se déplace, s'augmente dans la comparaison de marques avec ces plateformes de jugement des marques par et pour ses fans et ses consommateurs... Moment de vérité où l'on verra s'incarner davantage la notion d'ambassadeur de marque ou de fan prêt à défendre à coup de note et de posts sa marque ? ;à moins plutôt de parler de lifestreaming de marque comme indicateur fluctuant , positif ou négatif, c'est selon, grâce au providentiel "moteur" d'auto-modération que pourra constituer l'ensemble des commentateurs à un instant donné ... ? De la, à finir de convaincre les plus récalcitrants comme quoi la réputation et in fine l'identité de marque se construit, se façonne, s'étiole, s'enrichit, se fait et se défait aussi dans les conversations. Et surtout ne pas s'en effrayer, au contraire, le saisir comme un formidable levier de dialogue hyper-réactif ( la réactivité, c'est ce qu'exige aujourd'hui les clients) en organisant à la source ( c'est-à-dire depuis ces plateformes) un droit de réponse.

A suivre donc l’évolution de ces plateformes de fans et consommateurs des marques et leur impact dans la vie des marques.

Augmenter le contexte réél par le digital , une vision inspirante du Gamedesigner Frantz LASORNE


Je viens de découvrir une présentation d'un projet de Frantz LASORNE ( via le blog de Fubiz) sur la réalité augmentée ou comment gommer la frontière terrain de jeu réél/ terrain de jeu digital ou jouet physique/ jeu video.

A la lecture de ce document exceptionnel (tant la forme que le fond), je suis très admiratif devant une telle démonstration des opportunités de la réalité augmentée qui accrédite davantage encore l'insight "l'investissement du digital dans le réél" ou "le offline devient interractif", qui dans le cadre d'une vision communicante ubimedia, place l'expérience utilisateur au coeur d'un contexte réél devenu interactif.
Il y a du génie dans cette présentation et ce projet présentés par Frantz LASORNE, game desiner promettant, qui cherche à augmenter le terrain de jeu réél en rendant possible les intéractions virtuelles centrées sur le joueur et le terrain de jeu.
J'ai trouvé dans cette vision une clé pour décoder les opportunités des usages ubimédia pour les marques, et qui me tient à coeur : le réinvestissement du réél par les usages digitaux. En effet cette présentation soulève le voile et inspire de nouvelles formes d'expérientiel pour les marques mais aussi les collectivités, tant dans un objectif de marketing relationnel lié au contexte et à l'ux qui s'y joue ( marketing in situ, extension du waiting marketing, ...) que de prévention ou de pure branding...ciblant les petits et grands enfants ;-)

ps : cette vision me rappelle à un souvenir de lecture, La Stratégie Ender, d'Orson Scott Card, un bijou de SF, qui raconte l'histoire d'un enfant surdoué bouillant d'imaginaire, formé par ... l'Armée , à exceller dans le jeu vidéo..., bref, l'augmentation du contexte réél par le digital exploité à des fins militaires ... No comment. Je n'en dirai pas plus si vous ne l'avez pas lu.

« L’espace client » réinventé = une vision sociale et ubiquitaire de l’Espace-client centré sur l'individu ?

Gartner donne la tendance pour 2009-2012 concernant les priorités en matière de conquête et de fidélisation clients . Parmi elles :
  • En 2009, les directeurs marketing gagnants seront ceux qui investiront dans un mix de marketing en ligne, de génération d’opportunités, de globalisation de leurs actions de promotion et de fidélisation client. Ils verront leur retour sur investissement progresser de 20 % au moins.
  • En 2009, les outils de gestion des opinions clients (Feedback Management) seront les investissements les plus utiles pour améliorer l’expérience des clients.
  • D’ici 2010, plus de 60 % des 100 premières entreprises mondiales proposeront à leurs clients une «communauté en ligne ».
  • D’ici 2011, un tiers des achats réalisés par un consommateur sera directement influencé par les opinions dont il aura eu connaissance en ligne, contre 9 % en 2008.

Miser sur la fidélisation de ses clients et moins sur la conquête directe, c'est ce que je retiens de ces « pronostics », avec pour nous, marketeux et commerçants online une réflexion prospective à concrétiser sur la notion d'«Espace client» , et ce, dans le nouveau contexte de connectivité ambiant ( les « lumières du 2.0 » et les interfaces mobiles).

Autre chiffre éclairant : l'accès à internet sur mobile est le seul moyen d'accès à internet pour 15% des mobinautes pouvait-on lire il y a un an. (Ipsos Media, AFMM, mars 2008 ). Et aujourd’hui, la tendance n’a pu que s’accentuer.


1.Pour un Espace client 2.0
A mon sens, cet Espace-Client réinventé doit "vivre" en symbiose avec une "communauté en ligne" de marque . Et sortir du carcan relationnel Marque/Individu, oser dé-individualiser le relationnel client/marque.


vu sur l’espace client de cd discount

Pour préciser le propos, il s’agirait en fait de « réinventer/ la fidélisation » ( ;-) en tirant parti des constats du 2.0, c’est-à-dire de ces nouveaux comportements des consommateurs, réclamant transparence, authenticité , avis et échanges avec leurs pairs . Ce qui induit de fait une posture de la preuve par les marques en tant qu’organisatrice de cette conversation entre ses clients et animatrice d’une relation client vivace, et au delà d’une communauté source de valeur (permettant à une marque de gagner en visibilité et crédibilité en émettant le signal fort d’une e-reputation de marque).
Et ce qui n'interdirait pas à la marque d'apporter ses éclairages experts sur tels sujets, sur tels produits (quoi de plus naturel en effet sur un espace client ?).

Je crois beaucoup à une mise à la page (devrait-on même dire « mise à l’écrans ») des espaces clients qui réduisent encore aujourd’hui la relation client en rapport one to one BtoC et souvent à sens unique, sans dialogue véritable.
hypothèse donc : un espace client centré sur le client mais ouvert à sa communauté de marque ou de produit redynamiserait la relation client, pour mieux fidéliser et déléguer la conquête à ses clients.

  • le client-individu relié à sa communauté de marque : consolider le lien avec ce client en mettant en scène le feedback direct avec la marque concernant tel produit, une sorte de « SAV community » mais aussi en événementialisant le relationnel de marque par l’animation de la communauté (maintenir le lien, l’affect).

  • le client-individu « gourou » auprès de ses proches : inciter le client à approcher (par permission marketing) et convertir les prospects de son environnement proche et affinitaire, via un rôle prescripteur, de parrainage, d’ambassadeur ; la marque s’appuyant sur la valorisation et la reputation de certains de ses membres et au global sur la reputation de la communauté.

  • Le crowdsourcing marketing ou comment impliquer des clients à l'élaboration et au packaging d'un nouveau produit.

2. Pour un Espace-Client widgetisé et ubiquitaire

Réinventer l’espace client c’est aussi se pencher sur l’impact des nouveaux usages, ceux hérités de la révolution2.0 qui aujourd’hui trouvent écho dans la dimension spatiale de la mobilité.

Autrement dit, à cette ouverture sociale ou communautaire de l’ESPACE-CLIENT, il faudrait aussi oser d’autres points d’entrée au plus proche des moments de vie du client, moments de vie qui se conjuguent au présent, hic & nunc, plus seulement via une zone d’identification sur la boutique en ligne, mais aussi dans « ses zones » de mobilité.

  • tirer parti du territoire où se trouve ce client en lui proposant des animations géolocalisées (chez le concessionnaire proche de chez lui ou à l’agence bancaire, sur son trajet quotidien) et pourquoi pas fédérer des clients autour d’un « SAV barcamp local » et renforcer le lien mais aussi favoriser le recrutement de prospects par « cette entremise événementielle locale ».

  • La widgetisation de cet Espace-Client ou comment déportaliser, défragmenter des données et des services, notamment sociaux, de l'espace-client vers des espaces agrégateurs personnalisés online que sont les plateformes sociales que fréquente ce client (page netvibes, facebook, ...) mais aussi ses autres points de connexion (sédentaires et nomades) tels que son smartphone, bureau d'ordinateur, bornes de contact...



Le widget de l’Espace-Client de Monabanq


  • Connectivité des nouveaux supports, relier l’Espace-Client à l’internet des objets, via par exemple des cartes de fidélités ou des objets incitant à l’interaction entre personnes tels que poken ou les objets de la fameuse société Violet.




Ainsi, cet Espace-Client deviendrait plus qu'un simple module de gestion des commandes et d’assistance, agrégeant un calculateur des points de fidélité et des push promos, deviendrait plus qu’une machine à qualifier . Cet Espace-Client engendrerait non seulement une relation individualisée vraie, parce qu’ascendante conversante véritable (de la marque à l’individu-client, de l’individu-client à la marque) et aussi une relation vraie parce qu’affinitaire, transversale entre cet individu-client et ses pairs, entre la communauté de marque et la marque in fine. Et enfin, une relation plus centrée sur le client car plus proche, jusqu’à faire le pont entre l’Espace-Client online et les espaces digitaux et physiques où le client se localise (chez lui, dans son quartier, en son agence, sur la toile, sur les réseaux sociaux, sur l'internet mobile, en boutique…), tendant à une vision sociale et ubiquitaire de l’Espace-client.

Le widget de l’Espace-Client de la SG pour Iphone
( lu sur http://www.goopple.fr/


L'espace client réinventé s'appuierait ainsi sur deux rouages moteurs: le communautaire ( socialmedia ) et l'ubiquitaire ( ubimedia ) , et entre les deux, leur corolaire, la widgetisation (l'espace-client partout ), le client devenant plus pro-actif, plus impliqué et acteur de sa relation client.

Des réseaux sociaux pour réinvestir le réél en situation de mobilité ?




J'ai eu l'occasion de réagir fin 2008 sur la dernière initiative d'Air France KLM en matière de relationnel de marque sur Internet et les micromédias avec la mise en ligne de Bluenity, première communauté de voyageurs dans le secteur aérien, réseau social de marque , spécialisé (ou de niche) . J'avais relevé trois opportunités pour l'annonceur et notamment les transporteurs grands publics (trains, transports en commun, aériens, ferries,...).



1. Mieux connaitre son marché (clients et prospects)

Ce type de réseau social permet de toucher "des gens" (c'est-à-dire des clients et prospects) dont on est sur de connaitre le centre intérêt au moment où ils se connectent : en venant sur bluenity, la cible est une personne qui va prendre l’avion et pour telle destination et à tel moment et avec cette possibilité d'échanger avec ses pairs par rapprochement affinitaire d'un besoin, d'une attente.
La marque est alors dans une légitimité pour adresser emphatiquement un message, un service, une offre commerciale sous couvert de répondre au besoin pour lequel le client est venu se connecter. La règle de permission marketing est appliquée.
Ce faisant, c'est l'opportunité pour l'annonceur d'enrichir une base de connaissance client pour pouvoir les adresser alors même qu'ils sont connectés de manière fine d'une part et affiner l’offre de service à partir de l'implication des "gens " dans l'enrichissement collectif des savoirs de la communauté et de l'analyse des conversations d'autre part. Quand je parle d'enrichir une base de connaissance client, je ne pense pas segmentation de la base. Je pense segmentation dynamique par les fils de conversation qui s'agrègent autour d'un thème de niche (par exemple, les bons plans sur Bali). En effet, avec une communauté de marque vivace, la segmentation est donc plus dynamique, moins figée qu'une segmentation client classique qui repose sur des fichiers clients plus ou moins bien croisés et à jour.


2. Maitriser sa e-reputation de marque en adoptant une posture de marque conversante

Bluenity est une première incarnation d'une stratégie de maitrise d’image dans la sphère d'influence des micromedias en animant un espace de conversation entre clients, qui permet d'animer une présence de marque connectée aux gens en adoptant une attitude emphatique à son marché. Il s'agit pour la marque de consolider sa réputation de marque sur la base d’un stock de conversation par une logique d’influence de marque pouvant s’appuyer sur une commentosphère active (ou l'art de gérer la relation avec les micromédias).


3. Se différencier des autres compagnies de transport en permettant à ses clients de mieux réinvestir le réél


Cette initiative d'Air France KLM n'est pas sans rappeler les initiatives de la SNCF avec IDTGV and Co ( été 2006) et plus récemment TGV Rezo, initiatives qui innovent dans l'épopée du social media, en ce sens où elles tiennent compte des enjeux liés à la mobilité et le marketing in situ qui en découle. En effet, Bluenity mise sur le vrai lieu, le vrai trajet pour rencontrer des vrais gens via l'entremise d'un réseau social qui s'appuie sur cette promesse. Il ne s'agit donc plus seulement de faire partager des bons plans , c'est-à-dire des avis à posteriori d'autres membres ayant "consommé" la destination ou le service dans tel lieu. Il s'agit de dépasser ce modèle de "review" en exploitant le contexte du service ( le trajet, l'attente en gare, le lieu du séjour) pour créer des interactions sur les vrais lieux (ceux qu’on connait ou qu’on ne connait pas forcément ).
C’est donc une évolution même vis-à-vis des derniers réseaux sociaux locaux tels que Peuplade.fr, Pilipili.com,… qui s'appuient sur le lieu où je vis, où je travaille. Avec l’initiative d’Air France KLM , on va vers le lieu événementiel, le lieu projectif , c’est-à-dire dans lequel on va être…Cette dimension projective du lieu, du contexte à consommer est je trouve très novatrice et constitue une clef pour décoder le nouveau paradigme d'usage de la mobilité.

Le réinvestissement du réel, du proche, du contexte dans lequel on est, où on va aller, et avec qui on va être est une réponse actuelle et précurseur de ces "réseaux sociaux contextuels projectifs" aux enjeux de la mobilité. Bluenity promet des relations physiques et vraies (et non plus simplement virtuelles) rattachées à un projet de déplacement : ici un aéroport, une gare, mais aussi une boutique , un magasin , une agence bancaire, une expo, ..., telle est l'intérêt de la démarche Bluenity.

Quand à savoir si l’initiative d’AIR France KLM va vraiment prendre, cela va dépendre aussi du plan de communication et d’animation communautaire prévus et sur une période d'investissement longue. Et ce n’est pas le plus facile. Cette promesse Bluenity aux clients d'Air France est tenable à terme si elle s'appuie sur une communauté vivace et pérenne et si elle exploite aussi sur le potentiel de services mobiles et ubimédia que ces voyageurs ne manqueront pas de solliciter comme une extension naturelle au service en ligne bluenity.



The iphone travel suite par le NY times


L’intérêt stratégique des commentaires et microreputations :vers une "commentosphère" influente ?


En France, le contenu produit par les consommateurs sur Internet dépasse en volume, les messages générés par les marques elles-mêmes, rapporte une étude de l’institut OTO Research.

  • Cette étude m'amène à quelques remarques en ce qui concerne les enjeux marketing de l'ugc et notamment sur l'enjeu stratégique de ce que l'on nomme "commentaires", "avis", "réactions" ou "post"...

1. Que les messages émis par les internautes, à savoir les avis, commentaires, réactions, notations, sur les blogs, forums, et plateformes communautaires , sont les contenus qui comptent, court-circuitant les contenus officiels des marques.

2. Que les bloggers influents et "l’outil blog" deviennent moins influents que les commentaires, réactions et avis sur tel produit, telle opération, tel sujet. Et donc, dans ce cadre, la gestion des commentaires d’une plateforme communautaire, voire de Lifestreaming , devient plus importante pour influencer l’infosphère stratégique d'une marque, d'un produit, d'un service, que la maîtrise d’un réseau de bloggers influents.

3. Que s'il faut toujours donc penser buzz marketing, il faut surtout miser sur les micro-buzz… Que le buzz ne naît pas que des campagnes orchestrées par les marques qui ont leur logique et légitimité pour lancer un produit par exemple, mais que ce buzz est ensuite confronté à la réalité, celle du consommateur, cherchant à converser avec son alternaute sur le produit, le service, ..., en question, sur une problématique très personnelle, partageable avec peu de monde à un moment donné pour un lieu donné, ce que j’appelle le micro-buzz pour micro-niche.

4. Qu'il y donc autant de micro-buzz qu'il y a de commentateurs, qu'on est dans une logique de Longue Traîne ( Long Tail) appliquée au buzz, qui se matérialise par les sujets de forums et jeu de commentaires. Yahoo Answers en est l'illustration la plus criante.

5. Qu'il ne ne faut pas confondre Community Management et Community Management... je veux dire par là que le community management ne se limite pas à l'animation d'un réseau de bloggers influents et de ses "ambassadeurs", pas plus qu'à la nécessaire modération des commentaires. Par contre je crois beaucoup au "commentateur" ou au "commentaire influent" qui se manifeste sur le site communautaire de telle marque ou tel service... à condition qu'on mette de l'intelligence dans la façon de remonter et valoriser ces commentaires et tenir compte d'où il émet (logique de mobilité).

6. Que les solutions de micro-identification vont permettre de certifier l'auteur des commentaires et in fine participer à la valorisation de cette masse de commentaires dont une communauté pourra se prévaloir.

  • Alors, peut-on parler de commentosphère ?

Ainsi, tandis que la blogosphère se professionnalise, tandis que les bloggers influents le deviennent tant, qu'ils songent même à se passer des commentaires, tandis que le community management semble d'abord s'appuyer sur l'animation d'un réseau de bloggers influents, tandis qu'on s'interroge sur la pertinence du social media quand 1% de membres d'une communauté sont actifs alors que la proportion de membres passifs est écrasante et entre les deux, les semi-passifs ( ceux qui réagissent) , tandis qu'on peut s'étonner de la pertinence des réactions, des avis postés comme s'émerveiller de la mise en valeur en home d' un commentaire pertinent sélectionné par la rédaction du Monde.fr , tandis qu'on s'évertue à vendre le buzz comme une émanation d'une volonté de marque cherchant à toucher juste et faire parler d'elle, je m'interroge sur le "milliard" d'avis signés de leur pseudo, c'est-à-dire tout un chacun, qui constituent la masse de commentaires et avis , et qui sont autant de micro-sujets perdus dans l'immensité d'Internet, comme un grand gâchis, sous exploité, faute d'outil convergent pour les agréger et les valoriser.

Le web 2.0 est mort martèle-t-on , les médias sociaux restent pourtant très populaires et la masse de commentaires ne cesse de s'alourdir. Oui, on peut parler de commentosphère et c'est le futur d'internet que d'oeuvrer dans le sens d'une valorisation des commentaires.

  • Valoriser les commentaires et les micro-réputations qui s'y rattachent

Mettre de l’intelligence dans les commentaires est la prochaine étape du web 2.0 et du social media dans sa quête de maturité et une manière pour les marques de maîtriser la sphère d’influence et la prise de parole sur son marché. Ainsi, valoriser les commentaires de sa communauté c'est permettre à un commentateur d'acquérir, nourrir une valeur, c'est-à-dire une réputation. Et une communauté recueillant en son sein des commentateurs réputés verra sa propre réputation rayonner. Ebay l'a bien compris depuis longtemps en accréditant ses meilleurs vendeurs par la communauté elle-même (il ne s'agit pas seulement d'une question de confiance). Ainsi, une marque qui se veut conversante appuiera son dispositif de community management aussi sur l'attention portée à son stock de commentaires, la valeur de chaque commentaire et l'indicateur de réputation de ses membres, pour en faire jaillir un signal social de marque.

Ces 2 indicateurs (celui de l' e-réputation et celui de la valeur d'un commentaire) peuvent être valorisés sous plusieurs angles : fonctionnel ( par exemple, objectiver des avis, auto-modérer des avis par la communauté elle-même), ergonomique (hiérarchiser des avis en fonction de certains critères) , technique (problématique de pertinence, de convergence et widgetisation) , sous l’angle de la mesure comme le propose Alenty et sous l'angle ebusiness par exemple en dépassant le modèle des liens sponsorisés .

  • Le meilleur avis sur un produit + Google = campagne AS (campagne d'avis sponsorisés).

Proposer une solution de valorisation des commentaires de sa communauté en les déportant (widgetisation de l'avis) dans les résultats de recherche et en les indexant sur des requêtes de recherche, par exemple celles de google, voilà qui pourrait être un business modèle intéressant. Par exemple un avis est déposé sur un site communautaire, un blog ou un comparateur de produits à propos d'un produit, service ou marque, le gestionnaire de la communauté pourra moyennant finance (comme pour les liens sponsorisés) valoriser ce commentaire en le sponsorisant, au même titre qu'une marque peut effectuer une campagne de liens sponsorisés. Et le gestionnaire, voire le commentateur, pourra se voir rétribuer en fonction du nombre de clics que l' avis aura généré... C'est aussi un service premium qu'un comparateur de produits et fournisseurs d'avis (comme Vozavi, Pixmania, looneo, Zlio, Reevo etc... ) pourra "vendre" à ses marques qui exposent dans sa galerie, boutique ou communauté, voire Blog.

Cette idée repose sur le potentiel de la "commentosphere" qui s'appuie sur la maturité en cours du socialmedia, des nouvelles technologies liées aux micro-identités et l'application du principe de "Long Tail" ou "théorie de la Longue Traîne" à l'ensemble des avis, commentaires se rapportant à un produit, un service, une information (il y a autant de sujets de conversation qu'il existe de produits et d'intérêts). Un Yahoo Answers ou un fournisseur d'avis comme Looneo, pourrait se lancer en exploitant sa base d'avis et innoverait ainsi dans le modèle de sponsorisation payante dans les résultats de recherche. Ainsi, on glisserait de la blogosphère influente vers la commentosphère influente, celle-ci pouvant se prévaloir d'un business modèle probant.

mise à jour 21 oct 2008 : à noter l'initiative de Cocomment décrit sur Mashable qui va dans le sens d'une valorisation de la commentosphère.

L'intranet de demain est un intranet soluble



L'entreprise 2.0, grand sujet du moment, est peut-être enfin aussi la promesse que les premiers utilisateurs d'Intranet ont longtemps rêvée et attendue au sein de leur entreprise.
Alors, lorsque l'on me pose la question sur l'Intranet de demain, voici quelques idées, à débattre, mais qui me semblent bien des composantes fortes pour décrire un Intranet actuel et précurseur.


1.Une révolution démographique et le digital comme moteur sociétal

Lire à ce sujet le billet de Sophie MORIN récemment sur emarketing Garden sur les aspects RH en entreprise et la génération Y ou "Digital Natives" qui opère une révolution démographique et donc d'usages au sein de l'entreprise et par voie de conséquence sur son système d'information. Ce changement démographique dépasse l'entreprise et s'inscrit aussi dans le succès du web 2.0 en général et l'impact de la mobilité. La première conséquence sur les usages est la solubilité des moments de vie envie en eux de tout un chacun. François Rousseau, du planning stratégique sqli agency, révèle la notion de dividu de Deleuze , individu multi-facettes qui serait comme un poisson dans l'eau dans le 2.0 . La libéralisation du web qui ont fait le 2.0, ses technos faciles d'accès, leurs dimensions sociales et d'hypersonnalisation, permettent l'expression et l'expérience des nouveaux usages, de nouveaux comportements et on peut parler d'un nouveau style de société, où le digital devient moteur sociétal, ou autrement dit le online/offline deviennent solubles, avec ce dividu qui s'y retrouve naturellement. Ainsi, le système d'information de l'entreprise ne pourra y échapper !


2. Les collaborateurs, première audience prescriptive des marques de leur entreprise

Certaines entreprises se vivent aussi comme marque et donc peuvent en ce sens le signifier aussi sur leur intranet. Le collaborateur devient prescripteur de la marque et peut devenir une cible de choix sur certaines campagnes marketing, en le faisant un des premiers maillons de la chaine virale.


3. La solubilité du pro dans le perso et vice-versa , déportable sur toutes les plateformes

L'usage des technologies de type "Instant Messenger" signale depuis plusieurs années déjà cette solubilité pro-perso. Et on peut envisager que l'intranet offre un niveau d'hyperpersonnalisation dans une logique de déportalisation mixte (widgetisation) des modules métiers et perso, en tenant compte des préoccupations professionnelles mais aussi quotidiennes du collaborateur, et de fait modifiant sa vision de l'entreprise ouverte davantage à la sphère privée (et réciproquement ?) . Les widgets vie perso et widgets corporate-métier du collaborateur cohabitent sur sa page personnelle, à la fois celle de son Intranet mais aussi celle de son netvibes ou igoogle, ou sur son profil facebook ou sur son smartphone, voire à terme sur toutes autres plateformes fixes et mobiles, domestiques et professionnelles.

4. Une solubilité non imposée avec la gestion de plusieurs identités numériques

Cette solubilité devrait être "naturelle", c'est-à-dire découlant d'une façon d'être (celles des Digital Natives) sans être imposée , certains collaborateurs scindant volontairement leurs mondes, en gérant plusieurs identités, par philosophie ( ou par rejet ?). D'où la nécessité , afin de préserver "l'intimité" des collaborateurs, et lever quelques inhibitions légitimes, d'intégrer dans le réseau d'entreprise la gestion universelle des identités ( de type méta-réseau comme Plaxo, OpenSocial, ... par exemple).


5. Et pour finir, il y a évidement le participatif , le collaboratif et le rapprochement affinitaire qui anime l'intelligence collective de l'entreprise, ce qu’on appelle plus communément Entreprise 2.0, qui vient bousculer la logique pyramidale et la logique métier, dans le sens où la logique de chapelle (ou de clocher) est moins vraie car on peut partager des connaissances plus facilement. Mais si l’Intranet de demain joue sur les communautés et les micro-communautés en tablant sur l'approche horizontale, je m'’interroge sur leurs ouvertures les unes aux autres, avec le risque d'une ghettoïsation qui irait contre la logique de fédération autour de son entreprise.


6. Pour conclure, l’Intranet du Futur tend vers une solubilité avec son lot de freins et facilitateurs.

La résistance au changement est évidente mais par forcément là où on l’attend : le renouvellement démographique et la démocratisation des outils 2.0 dans la sphère privée ou personnelle est une belle opportunité pour faire évoluer l’Intranet. Par contre, la résistance au changement se pose sur le management qui tend pour des raisons légitimes à maitriser l’information et son partage, mais le faut-il nécessairement sur tous les champs informationnels ? Où commence la responsabilité de l’utilisateur final de l’outil ? Si on considère que le management se renouvellera démographiquement plus tardivement, un travail de persuasion et de pédagogie sera nécessaire envers ces acteurs décisionnaires . Par exemple, en s'appuyant sur les bénéfices du 2.0 en terme de roi , de productivité, de gain en réactivité de l’entreprise et de créativité de l’entreprise, misant davantage sur ses ressources humaines en fluidifiant son SI.



Pour aller plus loin sur l'Entreprise 2.0: rencontrez Charlie et surfez sur le blog de Pascal Veilleux et Coroline Gagnon




Le style de la société 2.0 ou la société digitale en marche


" L’émergence des usages conduit l’entreprise à repenser et à renouveler ses moyens de communication… ce qui induit quelquefois un véritable changement culturel pour l’entreprise dans sa manière d’aborder les ressources humaines. Car dans le secteur RH, c’est sur l’Humain que porte la communication. L’Entreprise 2.0 est "l'entreprise conversante" et cette conversation passe par l'amorce d'un dialogue avec les candidats potentiels avant même leur recrutement."


Cet extrait est tiré du très éclairant billet de Sophie Morin sur l'impact de l'arrivée de la Génération Y ou "Digital Natives" dans le monde du travail et la mutation qui devrait s'opérer au sein de l'Entreprise, sa politique de recrutement, de management, d'organisation et de knowledge management.

Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement de ces nouveaux comportements en entreprise avec ceux en dehors : les internautes parés de leur multiples facettes ( connectés ou pas, au travail, en communauté ou dans sa solitude choisie, dans la vie associative , sportive ou la vie civique et politique, dans la vie amoureuse ou familiale, etc...) se singularisent finalement dans un style qui leur ressemblent et les rassemblent: un style de société 2.0 où l'individu, sa communauté, trouvent matière et outils à ses multiples expressions existentielles !

Il y a donc une corrélation forte d’esprit, d'envie, de style de façon d'être des "Digital Natives" avec l'émergence et le succès autour de ces nouveaux usages.

C'est un indice supplémentaire pour comprendre l'engouement et la déferlante du Web 2.0 ces 2 dernières années et la posture "conversante" à laquelle les entreprises doivent s'adapter ( "se contorsionner") en matière RH, en matière organisationnelle et d'intelligence collective. Idem vis à vis des comportements et désirs de ces salariés qui sont aussi des consommateurs "Digital natives" envers qui les marques doivent trouver un certain écho, un certain lien, un mode relationnel d'un nouveau genre (marques conversantes).

La compréhension du marché, ses acteurs, les nouveaux usages qui s'y jouent et s'y inventent participe d’une même matrice que l’on peut décoder au travers de ce prisme que l'on pourrait qualifier de "paradigme conversationnel".

On est véritablement en présence d'un vrai mouvement de fond avec des individus qui sont nés dans le digital (Les "Enfants du web" par opposition aux "Enfants de la télé =babyboomer) et leurs autres stratégies dans lesquelles s’inscrivent les nouveaux usages en tant que candidat ou salarié/ consommateurs/citoyen/ que je sois on ou off line/ seul ou avec mes amis.


ps : je suis Y+ 10, et vous ?

La widgétisation du offline ou comment Internet va investir le offline


Je rebondis sur le billet de Fred Cavazza à propos de l'âge d'or des widgets , sujet qui m'interpelle depuis quelque temps déjà (widgetisation du web).

La widgétisation du web est une évidence pour certains, dans la continuité du 2.0, où Internet ne se diffuse plus seulement via les seuls sites web mais aussi (voire surtout) via la "déportalisation" de ses contenus et services sur plusieurs plateformes online personnalisables en fonction des stratégies individuelles de chaque internaute.
Il semble que ce phénomène de widgétisation ne s'arrête pas la, Internet empruntant aussi d'autres canaux que le seul web, et on peut commencer aussi à parler de widgetisation du offline.

En effet, je vous invite à faire abstraction de l'enveloppe digitale du widget telle qu'on a l'habitude de le matérialiser ( bidule sympa et pratique, interactif sur mon ordinateur ou mon netvibes...) et considérer l’essence même du widget comme un facilitateur dans l'interaction avec un service, des contenus en apportant ce service, ces contenus dans la sphère du privé, de l’intime de l'internaute et/ou d'une communauté et ce avec la permission de la cible (permission marketing).

Ainsi, les premières zones intimes de l'internaute que le widget a pu investir furent son bureau d’ordinateur, puis ses univers on line tel que son blog personnel ou professionnel, sa page d'accueil personnalisable ( netvibes ou igoogle), dernièrement les différentes formes d'expression de son identité numérique (ses réseaux sociaux, tel que Facebook, Myspsace, Deezer, etc...), ses univers embarqués mobiles (téléphone mobile, iphone ou terminal de poche évolué). La prochaine étape est d’aller au-delà du web, au-delà du online en investissant les objets personnels du quotidien de l'internaute et des carrefours d'audience physique (dans la vraie vie) où vont et se retrouvent les internautes: on vient d'évoquer le mobile, on peut citer la fée du logis (l'écran plasma connecté), le réfrigérateur, le radio-réveil de la chambre à coucher, l'auto-radio, la voiture et son GPS, les boutiques, les halls de gare, les bars, etc…

Pour forcer le trait, Nabaztag, le lapin communiquant est à mon sens le premier widget de la sphère intime du offline: il porte en lui des données digitales de type service météo, lire à voix haute vos flux préférés, les cours de la bourse, et interagit avec l'écosystème numérique de son propriétaire mais aussi son écosystème physique (la chambre, la maison dans laquelle il trône au milieu d'autres bibelots).

Le offline devient interactif en devenant tout à la fois réceptacle et vecteur de vos services et contenus en ligne. Le champ des possibles de la widgétisation Internet peut s’étendre dans le offline, au cœur de la vraie vie !

Un bon slideshare sur les widgets qui dépasse le strict champ du online avec notamment les widgets physiques "physical widget station":


Comment fidèliser lorsqu'on ne croit plus aux marques ?

Bernard Cathelat , sociologue, "inventeur" des sociostyles, apporte un point de vue qui interpelle. Je vous invite à visionner cet interview vidéocasté de Bernard Cathelat il y a un mois déjà sur le blog Et si l'on parlait Marketing de Henri Kaufman ( que je remercie au passage pour avoir mis à disposition ce document).

Pour résumer :

Le constat de la sociologie : des insightsconsummers moteurs

  1. Dans une société individualiste, le consommateur est méfiant, a perdu confiance dans les marques, devient défiant et volage.
  2. La notion de durée n’est plus : on est dans l’instant, dans l’éphémère.
  3. Le consommateur est alors dans la quête de sens, d’authenticité, de transparence.

De fait, les modes de communication hérités de l’ère industrielle et de consommation de masse ne fonctionnent plus. L’ère de la pub massique est révolue. ( c'est enfoncer une porte que de le dire mais c'est précisément ce qui se constate encore trop souvent).

Aussi, pour Bernard Cathelat deux pistes pour repenser et mettre en œuvre la fidélisation:

  1. A court terme : fidéliser par la relation dynamique de la marque aux consommateurs, quitte à se faire critiquer : le dialogue et donc la transparence ou l’authenticité renforcent la crédibilité et établit la confiance à la marque. Il y a plus de risque pour une marque à ne pas dire son erreur et ouvrir le dialogue que de rester camper et matraquer des messages à sens unique.
  1. A long terme : La marque devient "une secte", une tribu, un clan, une religion. Il s’agit de donner un sens au client. Bernard Cathelat parle de Concept Brand et cite notamment en exemple Apple. Avec un iphone ou un ipod, le consommateur ne se borne pas à ressentir le plaisir de consommer mais aussi le plaisir « à évangéliser », il se sent porteur d’une religion. Ce Concept Brand s’installe progressivement et avec cohérence sur le long terme et porte en lui une histoire, des valeurs, des héros, des méchants, des traditions, des codes, des légendes, bref il donne du sens.

De mon point de vue, on est très prés des notions de « marque conversante » et ce que suppose le « marketing de la demande » avec notamment la vision "chronomorphe" de la marque ( c a d empathique dans l'espace et dans le temps ) avec le marché, où la marque si elle sait s’adapter à son marché, adopte un style de présence bien à elle (Concept Brand) ! ;-)

L' interview de Bernard Cathelat :

Première partie




Cathelat01
envoyé par mc21blog


Seconde partie


Du web corporate site centric au web corporate social centric, êtes-vous prêt ?


"Le web corporate" de demain existe-t-il ? Pas encore mais on peut l’imaginer :

  • il s’agit d’un site web déporté, déportable qui tient compte de la nouvelle nature de l'internaute: un internaute multiple ( selon sa situation de mobilité et selon le masque qu'il revêt parmi ses multiples facettes). Le "web corporate" de demain ressemblera à une plateforme de distribution sous la forme de widgets à la carte pour nourrir l'internaute d’information, de ressources, de services et de rêves qu’il pourra emporter, embarquer avec lui (sur son mobile, ses blogs ou sa page d'accueil personnelle : netvibes, pagesflakes, igoogle...) et répondant aux attentes du moment et de la situation qu'il occupe.
  • Et surtout, la distribution de ces contenus déportés ne passera plus par le seul site corporate mais aussi via d’autres canaux, contournant ainsi le site corporate: ceux privilégiés par les internautes en fonction de leurs affinités et en phase avec la thématique ciblée et légitime de la marque. Présence et distribution sur les réseaux sociaux, sur les pages personnalisables,dans la blogosphère, dans les communautés vivantes, etc...
  • Enfin, la dimension ouverte, participative, contributive va de pair avec cette évolution. Le site corporate de demain implique aussi une vision de marque différente : accepter la critique négative, accepter d’être "ré appropriée" par les internautes, accepter d'être associée à d'autres types de contenu, d'autres marques (donc concurrentes) selon la logique de l'internaute qui suit sa propre stratégie en fonction de sa propre vision du marché et la situation dans laquelle il se trouve. Mais c'est aussi donner l'occasion à l'internaute d'entrer dans une démarche constructive, participative, contributive en leur donnant envie de s'exprimer et devenir ambassadeur de la marque, l'inciter à s'exprimer dans le registre de la satisfaction plutôt que celui du mécontentement.

Cette nouvelle donne suppose une réflexion de la marque sur elle même et la façon de s'animer. Il s'agit de sortir de la logique site centric pour aller vers la logique social centric et in situ (géolocalisée).Le "web corporate" de demain est donc un web social avec une vision de marque qui plus qu’interactive devient conversante, empathique et donc sachant converser avec différentes cibles et sachant animer une présence là où se retrouvent ces cibles, au bon moment et au bon endroit. Il s'agit d'une évolution dans la manière de communiquer et d'investir des territoires de communication où la marque doit porter ses valeurs mais aussi animer la conversation autour de celles-ci et donc d'elle même . Et se différencier par l'expérience utilisateur et l'empreinte qu'elle va distiller auprès des internautes. Il y a donc un art de la conversation dans lequel la marque va affirmer sa personnalité, son style tout en étant audible et à l'écoute.

Question finale: avez-vous des exemples de marques conversantes ?;-)

Pour aller plus loin :

http://www.pr2peer.net/2007/08/comment-faire-v.html

http://www.pr2peer.net/2008/02/des-canaux-aux.html



De la marque interactive à la marque conversante



Nouveaux usages, nouvelles attentes, nouvelle stratégie de marque

On l’a déjà décrit : l’explosion des services de réseaux sociaux ou communautaires place l’internaute au cœur du dispositif marketing et communication des produits ou services web et communication de marque avec la dimension participative .
Avec l’User Generated Content (UGC) émerge des communautés de niche vivaces animées par ces internautes captifs fédérés autour d’un thème, d’un produit, d’un sujet, d'un service, qui se retrouvent et échangent entre eux, en se reconnaissant par des attributs affinaires.
Ces communautés constituent vecteur de notoriété puissant pour les marques qui ont choisi d’y anime une présence et constitue un terrain exceptionnel de recrutement et de fidélisation, sans oublier un enrichissement de base de contacts.

Se révèle ici l’enjeu crucial pour les marques: animer une présence sur ces communautés en devenant une « marque conversante »

Il s’agit de changer de point de vue : de la stratégie de "marque interactive" et son corollaire l'approche site centric, à la "stratégie de marque conversante" et son corollaire, l'approche social centric. Qui dit conversante dit déplacer l'interactivité en dehors du seul vecteur "site web " ou/et "site de lancement " mais animer l'interactivité là où se retrouvent les prospects, les clients, bref ces « conversants », quitte à investir des territoires vierges

Cela suppose une démarche d'écoute et d'animation, l'écoute intériorisée de la marque mixée à l’écoute extériorisée des marchés de la marque, les clients de nos clients (segments prospects/clients ) et les concurrents, par exemple en identifiant les infospheres stratégiques, y détecter les leviers d’animation légtitimes.



Pour aller plus loin, une présentation interessante sur le sujet publiée par l'agence W&CIE:


2008 Année du offline interactif ?

On affirme à juste titre que 2008 sera l’année du mobile à l’instar de 2007 qui fut l’année du widget et 2006 l’année du web 2.0 (UGC, réseaux sociaux)… Mais au-delà l’effervescence autour du iphone et des "iphone killers" , au-delà la portabilité des contenus web par widgets mobiles interposés et au-delà de la progression d’utilisateurs plus âgés de terminaux de poche, au delà des premières tentatives prometteuses de marketing mobile ( mobiletag, mix affichage et bluetooth), se dessine une trame d’utilisation autour de la mobilité que nous devons appréhender avec attention : il s’agit de l’investissement de l’interactif dans le off line, dont la mobilité est le corollaire.

une bannière interactive au sol via eyeclick

Ce qui va influencer nécessairement les stratégies interactives des marques et leurs dispositifs à mettre en place par exemple sur le community management ou marketing de niche , les logiques e-commerce mais aussi sur la façon de penser une interface mobile, les services associés et les impacts fonctionnels sur l’interface web. La libéralisation des services de mobilité va inciter les marketeux, concepteurs, marchands, communicants, designers, annonceurs, à renouer avec le lieu, et notamment à l’endroit du magasin !


via l'internaute, les vitrines de Noel à Paris


Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le succès indétrônable de la magie des vitrines de Noël qui drainent des centaines de personnes parce qu’elles procurent du spectacle et de l’émotion entre amis ou en famille et donc une expérience utilisateur groupée mémorable avec cette révolution qui s’opère en ce moment dans certaines enseignes qui ont pignon sur rue. Nouveaux concepts de vitrines interactives à l’ergonomie probante et une expérience utilisateur qui peut rivaliser avec les interfaces riches, revitalisant par l'interactivité, les boutiques off line , cherchant à séduire le ou les passants, les capter et les faire entrer dans le magasin pour in fine prendre contact avec un vrai vendeur et toucher, essayer pour de vrai un produit .

Aperçu de vitrines interactives en images :

via le : blog nowhereeelse

via le blog des vitrines interactives







via byvolta


Et lorsque l’on observe la mise en place progressive des interfaces physiques interactives, et leur succès auprès du chaland, des grappes de badauds, on peut se dire qu’il y a là un formidable potentiel pour prolonger l’expérience utilisateur dans le magasin au travers des différentes types d'interface : l’interface off line interactive, l’interface mobile d'un smartphone sorti de sa poche in situ et créer de multiples ponts vers le site internet, bref créer les conditions d’une véritable synergie multicanale off line on line au service d'une meilleure transformation.

Pour finir, une préfiguration du e-commerce dans les prochaines années avec cette boutique expérimentale propulsée par l'agence américaine iconnicholson : une cliente peut essayer virtuellement des robes à travers un miroir interactif et recueillir en live les avis de ses amies par un système d' instant messenging...


via l'agence iconnicholson

De là, à parier que les boutiques off line resteront ouvertes 24h sur 24 et 365 j par an (mais c'est un autre débat ;-)... En tout cas, une certitude : le métier même de vendeur off line va évoluer s'inspirant de certaines techniques interactives et de marketing interactif, le client lui, ayant déjà entamé sa mutation. A travers ces nouveaux concepts interactifs off line, c'est l'univers du web qui façonne le réel, pour une expérience utilisateur toujours plus riche.