Le style de la société 2.0 ou la société digitale en marche


" L’émergence des usages conduit l’entreprise à repenser et à renouveler ses moyens de communication… ce qui induit quelquefois un véritable changement culturel pour l’entreprise dans sa manière d’aborder les ressources humaines. Car dans le secteur RH, c’est sur l’Humain que porte la communication. L’Entreprise 2.0 est "l'entreprise conversante" et cette conversation passe par l'amorce d'un dialogue avec les candidats potentiels avant même leur recrutement."


Cet extrait est tiré du très éclairant billet de Sophie Morin sur l'impact de l'arrivée de la Génération Y ou "Digital Natives" dans le monde du travail et la mutation qui devrait s'opérer au sein de l'Entreprise, sa politique de recrutement, de management, d'organisation et de knowledge management.

Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement de ces nouveaux comportements en entreprise avec ceux en dehors : les internautes parés de leur multiples facettes ( connectés ou pas, au travail, en communauté ou dans sa solitude choisie, dans la vie associative , sportive ou la vie civique et politique, dans la vie amoureuse ou familiale, etc...) se singularisent finalement dans un style qui leur ressemblent et les rassemblent: un style de société 2.0 où l'individu, sa communauté trouve matière et outils à ses multiples expressions existentielles !

Il y a donc une corrélation forte d’esprit, d'envie, de style de façon d'être des "Digital Natives" avec l'émergence et le succès autour de ces nouveaux usages.

C'est un indice supplémentaire pour comprendre l'engouement et la déferlante du Web 2.0 ces 2 dernières années et la posture "conversante" à laquelle les entreprises doivent s'adapter ( "se contorsionner") en matière RH, en matière organisationnelle et d'intelligence collective. Idem vis à vis des comportements et désirs de ces salariés qui sont aussi des consommateurs "Digital natives" envers qui les marques doivent trouver un certain écho, un certain lien, un mode relationnel d'un nouveau genre (marques conversantes).

La compréhension du marché, ses acteurs, les nouveaux usages qui s'y jouent et s'y inventent participe d’une même matrice que l’on peut décoder au travers de ce prisme que l'on pourrait qualifier de "paradigme conversationnel".

On est véritablement en présence d'un vrai mouvement de fond avec des individus qui sont nés dans le digital (Les "Enfants du web" par opposition aux "Enfants de la télé =babyboomer) et leurs autres stratégies dans lesquelles s’inscrivent les nouveaux usages en tant candidat ou salarié/ consommateurs/citoyen/ que je sois on ou off line/ seul ou avec mes amis.


ps : je suis Y+ 10, et vous ?

La widgétisation du offline ou comment Internet va investir le offline


Je rebondis sur le billet de Fred Cavazza à propos de l'âge d'or des widgets , sujet qui m'interpelle depuis quelque temps déjà (widgetisation du web).

La widgétisation du web est une évidence pour certains, dans la continuité du 2.0, où Internet ne se diffuse plus seulement via les seuls sites web mais aussi (voire surtout) via la "déportalisation" de ses contenus et services sur plusieurs plateformes online personnalisables en fonction des stratégies individuelles de chaque internaute.
Il semble que ce phénomène de widgétisation ne s'arrête pas la, Internet empruntant aussi d'autres canaux que le seul web, et on peut commencer aussi à parler de widgetisation du offline.

En effet, je vous invite à faire abstraction de l'enveloppe digitale du widget telle qu'on a l'habitude de le matérialiser ( bidule sympa et pratique, interactif sur mon ordinateur ou mon netvibes...) et considérer l’essence même du widget comme un facilitateur dans l'interaction avec un service, des contenus en apportant ce service, ces contenus dans la sphère du privé, de l’intime de l'internaute et/ou d'une communauté et ce avec la permission de la cible (permission marketing).

Ainsi, les premières zones intimes de l'internaute que le widget a pu investir furent son bureau d’ordinateur, puis ses univers on line tel que son blog personnel ou professionnel, sa page d'accueil personnalisable ( netvibes ou igoogle), dernièrement les différentes formes d'expression de son identité numérique (ses réseaux sociaux, tel que Facebook, Myspsace, Deezer, etc...), ses univers embarqués mobiles (téléphone mobile, iphone ou terminal de poche évolué). La prochaine étape est d’aller au-delà du web, au-delà du online en investissant les objets personnels du quotidien de l'internaute et des carrefours d'audience physique (dans la vraie vie) où vont et se retrouvent les internautes: on vient d'évoquer le mobile, on peut citer la fée du logis (l'écran plasma connecté), le réfrigérateur, le radio-réveil de la chambre à coucher, l'auto-radio, la voiture et son GPS, les boutiques, les halls de gare, les bars, etc…

Pour forcer le trait, Nabaztag, le lapin communiquant est à mon sens le premier widget de la sphère intime du offline: il porte en lui des données digitales de type service météo, lire à voix haute vos flux préférés, les cours de la bourse, et interagit avec l'écosystème numérique de son propriétaire mais aussi son écosystème physique (la chambre, la maison dans laquelle il trône au milieu d'autres bibelots).

Le offline devient interactif en devenant tout à la fois réceptacle et vecteur de vos services et contenus en ligne. Le champ des possibles de la widgétisation Internet peut s’étendre dans le offline, au cœur de la vraie vie !

Un bon slideshare sur les widgets qui dépasse le strict champ du online avec notamment les widgets physiques "physical widget station":


Comment fidèliser lorsqu'on ne croit plus aux marques ?

Bernard Cathelat , sociologue, "inventeur" des sociostyles, apporte un point de vue qui interpelle. Je vous invite à visionner cet interview vidéocasté de Bernard Cathelat il y a un mois déjà sur le blog Et si l'on parlait Marketing de Henri Kaufman ( que je remercie au passage pour avoir mis à disposition ce document).

Pour résumer :

Le constat de la sociologie : des insightsconsummers moteurs

  1. Dans une société individualiste, le consommateur est méfiant, a perdu confiance dans les marques, devient défiant et volage.
  2. La notion de durée n’est plus : on est dans l’instant, dans l’éphémère.
  3. Le consommateur est alors dans la quête de sens, d’authenticité, de transparence.

De fait, les modes de communication hérités de l’ère industrielle et de consommation de masse ne fonctionnent plus. L’ère de la pub massique est révolue. ( c'est enfoncer une porte que de le dire mais c'est précisément ce qui se constate encore trop souvent).

Aussi, pour Bernard Cathelat deux pistes pour repenser et mettre en œuvre la fidélisation:

  1. A court terme : fidéliser par la relation dynamique de la marque aux consommateurs, quitte à se faire critiquer : le dialogue et donc la transparence ou l’authenticité renforcent la crédibilité et établit la confiance à la marque. Il y a plus de risque pour une marque à ne pas dire son erreur et ouvrir le dialogue que de rester camper et matraquer des messages à sens unique.
  1. A long terme : La marque devient "une secte", une tribu, un clan, une religion. Il s’agit de donner un sens au client. Bernard Cathelat parle de Concept Brand et cite notamment en exemple Apple. Avec un iphone ou un ipod, le consommateur ne se borne pas à ressentir le plaisir de consommer mais aussi le plaisir « à évangéliser », il se sent porteur d’une religion. Ce Concept Brand s’installe progressivement et avec cohérence sur le long terme et porte en lui une histoire, des valeurs, des héros, des méchants, des traditions, des codes, des légendes, bref il donne du sens.

De mon point de vue, on est très prés des notions de « marque conversante » et ce que suppose le « marketing de la demande » avec notamment la vision "chronomorphe" de la marque ( c a d empathique dans l'espace et dans le temps ) avec le marché, où la marque si elle sait s’adapter à son marché, adopte un style de présence bien à elle (Concept Brand) ! ;-)

L' interview de Bernard Cathelat :

Première partie




Cathelat01
envoyé par mc21blog


Seconde partie


Du web corporate site centric au web corporate social centric, êtes-vous prêt ?


"Le web corporate" de demain existe-t-il ? Pas encore mais on peut l’imaginer :

  • il s’agit d’un site web déporté, déportable qui tient compte de la nouvelle nature de l'internaute: un internaute multiple ( selon sa situation de mobilité et selon le masque qu'il revêt parmi ses multiples facettes). Le "web corporate" de demain ressemblera à une plateforme de distribution sous la forme de widgets à la carte pour nourrir l'internaute d’information, de ressources, de services et de rêves qu’il pourra emporter, embarquer avec lui (sur son mobile, ses blogs ou sa page d'accueil personnelle : netvibes, pagesflakes, igoogle...) et répondant aux attentes du moment et de la situation qu'il occupe.
  • Et surtout, la distribution de ces contenus déportés ne passera plus par le seul site corporate mais aussi via d’autres canaux, contournant ainsi le site corporate: ceux privilégiés par les internautes en fonction de leurs affinités et en phase avec la thématique ciblée et légitime de la marque. Présence et distribution sur les réseaux sociaux, sur les pages personnalisables,dans la blogosphère, dans les communautés vivantes, etc...
  • Enfin, la dimension ouverte, participative, contributive va de pair avec cette évolution. Le site corporate de demain implique aussi une vision de marque différente : accepter la critique négative, accepter d’être "ré appropriée" par les internautes, accepter d'être associée à d'autres types de contenu, d'autres marques (donc concurrentes) selon la logique de l'internaute qui suit sa propre stratégie en fonction de sa propre vision du marché et la situation dans laquelle il se trouve. Mais c'est aussi donner l'occasion à l'internaute d'entrer dans une démarche constructive, participative, contributive en leur donnant envie de s'exprimer et devenir ambassadeur de la marque, l'inciter à s'exprimer dans le registre de la satisfaction plutôt que celui du mécontentement.

Cette nouvelle donne suppose une réflexion de la marque sur elle même et la façon de s'animer. Il s'agit de sortir de la logique site centric pour aller vers la logique social centric et in situ (géolocalisée).Le "web corporate" de demain est donc un web social avec une vision de marque qui plus qu’interactive devient conversante, empathique et donc sachant converser avec différentes cibles et sachant animer une présence là où se retrouvent ces cibles, au bon moment et au bon endroit. Il s'agit d'une évolution dans la manière de communiquer et d'investir des territoires de communication où la marque doit porter ses valeurs mais aussi animer la conversation autour de celles-ci et donc d'elle même . Et se différencier par l'expérience utilisateur et l'empreinte qu'elle va distiller auprès des internautes. Il y a donc un art de la conversation dans lequel la marque va affirmer sa personnalité, son style tout en étant audible et à l'écoute.

Question finale: avez-vous des exemples de marques conversantes ?;-)

Pour aller plus loin :

http://www.pr2peer.net/2007/08/comment-faire-v.html

http://www.pr2peer.net/2008/02/des-canaux-aux.html



De la marque interactive à la marque conversante



Nouveaux usages, nouvelles attentes, nouvelle stratégie de marque

On l’a déjà décrit : l’explosion des services de réseaux sociaux ou communautaires place l’internaute au cœur du dispositif marketing et communication des produits ou services web et communication de marque avec la dimension participative .
Avec l’User Generated Content (UGC) émerge des communautés de niche vivaces animées par ces internautes captifs fédérés autour d’un thème, d’un produit, d’un sujet, d'un service, qui se retrouvent et échangent entre eux, en se reconnaissant par des attributs affinaires.
Ces communautés constituent vecteur de notoriété puissant pour les marques qui ont choisi d’y anime une présence et constitue un terrain exceptionnel de recrutement et de fidélisation, sans oublier un enrichissement de base de contacts.

Se révèle ici l’enjeu crucial pour les marques: animer une présence sur ces communautés en devenant une « marque conversante »

Il s’agit de changer de point de vue : de la stratégie de "marque interactive" et son corollaire l'approche site centric, à la "stratégie de marque conversante" et son corollaire, l'approche social centric. Qui dit conversante dit déplacer l'interactivité en dehors du seul vecteur "site web " ou/et "site de lancement " mais animer l'interactivité là où se retrouvent les prospects, les clients, bref ces « conversants », quitte à investir des territoires vierges

Cela suppose une démarche d'écoute et d'animation, l'écoute intériorisée de la marque mixée à l’écoute extériorisée des marchés de la marque, les clients de nos clients (segments prospects/clients ) et les concurrents, par exemple en identifiant les infospheres stratégiques, y détecter les leviers d’animation légtitimes.



Pour aller plus loin, une présentation interessante sur le sujet publiée par l'agence W&CIE:


2008 Année du offline interactif ?

On affirme à juste titre que 2008 sera l’année du mobile à l’instar de 2007 qui fut l’année du widget et 2006 l’année du web 2.0 (UGC, réseaux sociaux)… Mais au-delà l’effervescence autour du iphone et des "iphone killers" , au-delà la portabilité des contenus web par widgets mobiles interposés et au-delà de la progression d’utilisateurs plus âgés de terminaux de poche, au delà des premières tentatives prometteuses de marketing mobile ( mobiletag, mix affichage et bluetooth), se dessine une trame d’utilisation autour de la mobilité que nous devons appréhender avec attention : il s’agit de l’investissement de l’interactif dans le off line, dont la mobilité est le corollaire.

une bannière interactive au sol via eyeclick

Ce qui va influencer nécessairement les stratégies interactives des marques et leurs dispositifs à mettre en place par exemple sur le community management ou marketing de niche , les logiques e-commerce mais aussi sur la façon de penser une interface mobile, les services associés et les impacts fonctionnels sur l’interface web. La libéralisation des services de mobilité va inciter les marketeux, concepteurs, marchands, communicants, designers, annonceurs, à renouer avec le lieu, et notamment à l’endroit du magasin !


via l'internaute, les vitrines de Noel à Paris


Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec le succès indétrônable de la magie des vitrines de Noël qui drainent des centaines de personnes parce qu’elles procurent du spectacle et de l’émotion entre amis ou en famille et donc une expérience utilisateur groupée mémorable avec cette révolution qui s’opère en ce moment dans certaines enseignes qui ont pignon sur rue. Nouveaux concepts de vitrines interactives à l’ergonomie probante et une expérience utilisateur qui peut rivaliser avec les interfaces riches, revitalisant par l'interactivité, les boutiques off line , cherchant à séduire le ou les passants, les capter et les faire entrer dans le magasin pour in fine prendre contact avec un vrai vendeur et toucher, essayer pour de vrai un produit .

Aperçu de vitrines interactives en images :

via le : blog nowhereeelse

via le blog des vitrines interactives







via byvolta


Et lorsque l’on observe la mise en place progressive des interfaces physiques interactives, et leur succès auprès du chaland, des grappes de badauds, on peut se dire qu’il y a là un formidable potentiel pour prolonger l’expérience utilisateur dans le magasin au travers des différentes types d'interface : l’interface off line interactive, l’interface mobile d'un smartphone sorti de sa poche in situ et créer de multiples ponts vers le site internet, bref créer les conditions d’une véritable synergie multicanale off line on line au service d'une meilleure transformation.

Pour finir, une préfiguration du e-commerce dans les prochaines années avec cette boutique expérimentale propulsée par l'agence américaine iconnicholson : une cliente peut essayer virtuellement des robes à travers un miroir interactif et recueillir en live les avis de ses amies par un système d' instant messenging...


via l'agence iconnicholson

De là, à parier que les boutiques off line resteront ouvertes 24h sur 24 et 365 j par an (mais c'est un autre débat ;-)... En tout cas, une certitude : le métier même de vendeur off line va évoluer s'inspirant de certaines techniques interactives et de marketing interactif, le client lui, ayant déjà entamé sa mutation. A travers ces nouveaux concepts interactifs off line, c'est l'univers du web qui façonne le réel, pour une expérience utilisateur toujours plus riche.

Comment une marque peut-elle reprendre la main sur la prise de parole des internautes influents ?


La ratp s’était lancée au printemps dernier avec sa propre solution en développant son site d’échange vous et la ratp et tenter par ce biais astucieux de reprendre la main sur ce qui se dit sur elle tout en prenant l’initiative de cet échange. Un formidable outil de recueil d’idées, de suggestions et de veille ainsi qu’un espace de dialogue « maitrisé » car constructif de la part des internautes. Une habile façon de dynamiser sa communication en distillant une complicité via cette interface.

Alors pourquoi ne pas industrialiser cette démarche ?

C’est chose faite depuis peu avec une solution en ligne qui témoigne d’une revanche des marques déroutées jusqu’à présent par l’influence des internautes sur leurs blogs et la myriade de services en ligne contributifs et à forte visibilité (web social) : Feedback 2.0 ou comment une marque peut reprendre la main sur la prise de parole des internautes influents et entretenir un lien fort avec une communauté qualifiée. Bien malin cette solution pour les marques qui tirent à leur avantage la logique Consumer Generated Media.

Feedback 2.0 est une plateforme de services proposée en marque blanche qui permet à une marque d’ouvrir en ligne un espace de dialogue collaboratif avec une communauté de clients ( soit en circuit fermé sur un panel sélectionné de clients, soit en mode complément ouvert, public) pour recueillir leur feedback sur telle offre, tel projet ou tel produit, avec les atouts fonctionnels du web 2.0 et web social (contribuer en donnant son avis, voter pour mettre en avant la meilleure contribution).

Initiative à suivre de près dans toute stratégie de marque

La widgetisation du web

La Widgetisation, je ne m’en lasse pas. C’est une tendance de fond qui s’affirme au grand jour. On assiste à la démocratisation d’un nouvel usage, en prolongement du web 2.0, en héritier des fameux flux RSS...

Un beau schéma de Loïc Hay pour illustrer ce le phénomène


Les widgets ? Plus qu’un phénomène de mode, une démocratisation !

Voyage-SNCF propose la Widgetisation d’un module de réservation de voyage sur les agrégateurs Netvibes et sur I google. Amazon s’y est mit il y a quelques mois déjà avec la Widgetisation de ses recommandations. Googles maps vient tout juste de mettre à disposition ses cartes par export du code. Le journal LeMonde.fr propose la Widgetisation de ses articles avec sa fonctionnalité « Citer cet article sur votre blog ».

La crème est de mettre à disposition des internautes sur le site de l’annonceur une machine à personnaliser son widget de façon à permettre à l’internaute de créer des widgets correspondant vraiment à son besoin. Imaginez un widget à la carte dans le cadre de telle offre touristique ! Dans le secteur du e-tourisme justement, TripAdvisor qui vient de s’offrir un widget de Facebook qui permet à l’internaute de mapper sur une carte ses destinations de voyage :"where I've been" .

Autre illustration de machine à personnaliser son widget : Essayez animoto.com qui permet de réaliser à la sauvette un widget mini-clip avec quelques photos et une bande-son…


Si je devais résumer l’enjeu de la Widgetisation : Tout le web est widgetisable, c’est à dire exportable sur toutes les plateformes, non pas par l’annonceur (qui est l’instigateur au début de la chaîne) mais par le client final prescripteur. C’est un nouveau web, peut-être même finalement une facette du web 3.0 : « la syndication et généralisation de contenus interpersonnels » (merci Oliv pour la formule ;-). Les annonceurs ont beaucoup à y gagner car c’est l’opportunité de distiller la marque et son offre de façon affinée et très ciblée ( toucher des niches) d’autant que la cible est prescriptive. (Lire à ce propos un premier billet sur le widget marketing )

La Widgetisation du web tire sa force de la simplicité de son utilisation ( par sa simplicité d’exportation et de diffusion et de la valeur ajoutée du service/contenu web widgetisé ) pour l’internaute et surtout de sa multi-portabilité : tout widget qui se respecte doit pouvoir être exporté sur toutes les plateformes: desktop (bureau);n’importe où sur le web (blog, pages web et au sein des pages réseau tel que Facebook, et des agrégateurs tels que netwibes) et sur la mobilité ( PDA, tel mobile,…)

Des annonceurs sur des marchés particulièrement bien adaptés devraient sous peu proposer la Widgetisation de leur contenu, notamment dans le secteur des petites annonces immobilières ou des offres d’emploi proposant aux internautes de faire la promotion de leur propre petite annonce par simple extraction du code HTML ( à la façon popularisée des YouTube ou autre DailyMotion) ou au sein de groupes Facebook : « Vend 2 pièces… », « Recherche poste de consultant… », « Recherche nounou sur Vincennes... ».

Bénéfices pour l’annonceur :

  • se mettre à la page des attentes des internautes (nouveau standard )
  • se différencier de ses concurrents web
  • distiller son image de marque au plus proche de l’internaute cible en exploitant la granularité du web
  • multiplier les relais vers son site et son audience (en consultant via redirection depuis le widget le détail de la petite annonce par exemple, sur le site de l’annonceur).

Le widget marketing s'ouvre au "Consummer Generated Branding"

Un premier billet sur le widget marketing s'appuyait sur un widget émergeant , le widget desktop à une période où d'autres types de widgets commençaient à peine à s'afficher sur certains blogs ( widget web,...). Aujourd'hui, le widget web s'est consisérablement developpé et constitue également une opportunité pour les annonceurs. L'opportunité de "s'immiscer" sur les zones jusqu'alors difficile d'accès car chasse gardée de l'internaute ou d'une communauté d'internautes: les blogs, les agregateurs de flux RSS ( netwibeslike) et page personnalisable ( igoogle), les réseaux sociaux (facebook, myspace, daylimotion,...). La force du Widget web tient dans sa capacité à se diffuser et se partager simplement sur n'importe quel support web fermé ou ouvert ( export d'une portion de code) sur l'initiative de l'internaute lui-même , un internaute qui en vient au final à diffuser l'image de marque de l'annonceur...On pourrait parler de "Consummer Generated Branding" in fine ou de "Consummer Generated Promotion d'une marque" .

L'annonceur tres web 2.0 LastFM propose un générateur de widget à exporter aussi simplement qu'une vidéo DailyMotion ou YouTube.








Exemple de widget web créé depuis le site de l'annonceur LastFM

Les possibilités du widget marketing se sont donc multipliées avec le widget desktop, le widget web, et il faudrait ajouter le widget mobile (...) , en s'ouvrant et étendant son pouvoir de séduction au multicanal multimodal et permettant aux annonceurs de jouer sur la proximité de leur marque avec leurs cibles. Proximité permise avec le widget marketing en animant une présence dans les zones d'influence de leur infosphère stratégique ( là ou se trouvent et se retrouvent leurs clients et prospects).
On assiste aujourd'hui à un prolongement du Web 2.0 avec ce phénomène de widgetisation multiportable des services web s'appuyant sur un principe de distillation de la marque et in fine de la syndication entre internautes.

Sur cette logique de proximité de la marque sur les zones d'influence, lire l'éclairant billet de Yann Sauvageon

Un assureur ouvre le dialogue 2.0 sur le thème de la Santé.

Il fallait oser tant les annonceurs du monde de l'assurance sont prudents !!! Celà mérite bien un petit billet.

Axa s’offre un site communautaire web 2.0 sur le thème de la santé, permettant aux internautes de réagir sur des sujets liées à la santé et l’assurance santé et donner de la visibilité aux associations soutenues par AXA via une tribune d’expression sur laquelle elles font valoir leurs actions terrain et une mise en relation directe avec l’internaute.

Avantages concurrentiels indéniables :

  • Plus de visibilité que ses concurrents : occuper plus finement le territoire de l’indexation sur des mots clés stratégiques autour de l’assurance santé.
  • Mieux cibler ses messages : qualifier une base de contacts grace à cette plateforme d’échange 2.0 qui s’animpe grâce à la dynamique de participation et donc engendre un réseau de niche d’internautes
  • Permettre aux internautes la prise de parole sur le domaine de la Santé et l’assurance santé et par là s’inscrire dans la logique d’internaute expert à l’instar de l’internaute « consommacteurs »
  • Créer de la notoriété à la marque, nourrir une relation et fidéliser une audience.

Bravo à cet annonceur de l’assurance qui ose l’exposition (même modérée) à la prise de parole et vient donc alimenter et capter toute une communauté d’internautes très demandeuse et déjà habituée à débattre, critiquer, alerter ( sur Doctissimo par exemple …)

pour en savoir +

Echo d'une campagne en cours pour le lancement d'un nouveau site

Dans la série veille sur les campagnes virales...,

Le site de la campagne virale http://lesurbanophiles.com/ de la région Auvergne, communiquant, incisif, humoristique présente une interface très persuasive en donnant envie de « tourner la page» vers le site de promotion de la région Auvergne . Cette campagne a piqué ma curiosité pour son ingéniosité et son message et cette impression qu'un buzz est en train de prendre et préfigure un lancement réussi pour le nouveau site www.auvergnebienvenue.com .

C’est l’occasion de voir comment se propage cette campagne lancée en avril dernier . Un moyen simple : les premiers résultats de recherche sur google sur la requête : http://lesurbanophiles.com/ révèlent en partie le dispositif d’influence mis en place par l'agence Singapour .

Je vous propose un petit jeu de piste très révélateur sur les leviers d'influence exploités dans ce dispositif de campagne. Quels sont-ils ?

  • Un zest d' "information" audible pour l'audience cible de la campagne :les citadins et notamment les parisiens suffoquants sous leur quotidien "urbanogène". Un article grand public, bien tourné, sur le site Métro Parisiens, têtes de chiens , qui date du Mercredi 25 avril. ( le Mercredi, c'est stratégique ;-)
  • De l'achat d'espace sur 2 mois sur les sites du Monde.fr, Télérama, L'Entreprise, sites sélectionnés pour leur audience susceptible d'être captée sur le thème "Quitter la ville pour la campagne ("Prenez la ville du Bon côté" ) .
  • de l'animation dans la blogosphere dite "Auvergnate" , ce qui présuppose au préalable une identification des blogs influents, par exemple sur ce blog dédié au 63 ( Auvergne) et cet autre blog auvergnat
  • et aussi une pincée de "blogosphere créée de toute pièce pour la campagne" sur le thème "audible" de "l'urbanophobie" avec par exemple, ce commentaire sur le blog la vie urbaine où en creusant un peu on découvre que ce blog est en effet animé pour la campagne par l’agence Singapour en personne ( Allez sur le lien "Proposez vos témoignages").
  • une série de vidéos virales réussies sur des sites à forte audience "postées par un internaute" comme par exemple sur L'internaute magazine mais aussi sur google vidéo ou sur dailymotion , postées par un internaute lequel comme par hasard est aussi l’auteur du blog complice listé ci-dessous ( "au fil du clavier").
  • des contributions dans les zones d'influence communautaires tel que Myspace ou la création d'identités numériques sur Mybloglog
  • un peu de communication dite experte et initier la prise de parole sur cette campagne, notamment au travers de ce billet sur le blog d’un publicitaire complice de l'agence Singapour « au fil du clavier »
  • du search marketing avec l'achat de mot clefs pertinents par exemple saisissez "quitter la ville" dans google: un lien vers le site urbanophiles apparait en contextuel des résultats de recherche. Essayez aussi "quitter Paris" : google proposera un lien commercial vers www.auvergnebienvenue.com.
  • Enfin et surtout, s'appuyer sur un concept pertinent et parlant, transmissible ( donner envie d'en parler) en écho à une tendance du moment ( l'envie du Grand vert pour les citadins ) et invitant la cible à se reconnaitre dans ce personnage parisien ( zèlé à prendre le bon coté des choses ) et au final à rire d'elle même. Apres-cà, comment éviter de ne pas aller voir ce site qui nous parle de s'installer en Auvergne ?

Voici donc pour ce petit jeu de veille qui illustre le dispositif d'une campagne virale et l'émergence d'un buzz en cours: s'assurer d'une bonne visibilité sur Internet en agissant dans les zones d'influence ( là où se trouvent et se retrouvent les internautes cibles). Et animer ces zones pour veiller à la propagation du message.

J'imagine qu'il y a eu également une campagne emailing et une synergie multicanale (si vous avez des infos à ce sujet, je suis preneur) sans oublier une campagne presse de la région d'Auvergne. Enfin, j'imagine que ce dispositif viral s'accompagne aussi de la mise en place d'un suivi de performance qui permet d'ajuster et proposer des actions correctrices sur la diffusion du buzz en cours et donc réussir le lancement du nouveau site .

Chapeau donc pour la région d'Auvergne en lutte contre la désertification et qui n'a pas hésité à investir dans une campagne de lancement pour le nouveau site de promotion de la région www.auvergnebienvenue.com.

| début du message sublidimal |Chers annonceurs, vous investissez pour la refonte ou la réalisation d'un site. Assurez-vous au préalable que ce chantier s'inscrit dans le cadre d'une stratégie globale prévoyant notamment un poste budgétaire pour une campagne de lancement et de visibilité de ce nouveau site, au risque de manquer votre ROI concernant ce nouveau site. |Fin du message sublidimal|

Histoire à suivre...

Bon, au final, le WEB 2.0, c'était du vent ?

Petite question de fin de semaine sur le web 2.0 :pour y répondre, tout d'abord cette vidéo à voir ou à revoir

  • Alors, le web 2.0 au final, c'était du vent ? Réponse :Et bien non, ce n'était pas du vent mais une évolution majeure . Le web 2.0 ne saurait être réduit au seul concept marketing: c’est une façon qu’on eu les experts du web et de la communication de nommer un paradigme . Le WEB 2.0 comme paradigme se décrit par une logique participative et communautaire et a été reconnu comme un moment de l’histoire de la communication où la technologie libère les internautes qui peuvent exprimer plus aisément, à tout moment, en toute maitrise et avec créativité ce besoin essentiel de « rézoter » et participer.

    Après, pourquoi s'étonner de l'enthousiaste des "marketeux" sur ce phénomène quand le web participatif devient un formidable levier d'actions marketing ?

    Le web participatif est apparu dès le début d'internet ("web 1.0") avec les premiers outils contributifs (les forums et les chats, les avis ou e-opinions ...). Il s’est bien évidemment enrichi avec les nouveaux outils participatifs Web2.0 tel que les blogs, les réseaux sociaux , les notations, les wiki, les diggs, le bookmarks social, bref tout ce qui incite au Consummer Generated Media...

    Le web marketing participatif quand à lui est né aussi avec le "web 1.0" notamment dans les sites e-commerce ( La Fnac, Ebay, notamment) et les comparateurs de type Ciao qui proposent aux internautes de déposer leurs avis sur tels produits ou services. On parlait à l’époque des e-opinions.

  • L’explosion des services de réseaux sociaux, c’est qu’on a appelé la "révolution WEB 2.0" , place l’internaute au cœur du dispositif marketing des produits ou services web, de 2 manières :
  • 1. en tant que vecteur et auteur d’un « discours efficacement promotionnel ». Efficace parce que critique. Ainsi, un service , un produit cautionné par tels internautes se vend mieux car la parole de l’internaute pèse davantage que celle du vendeur, même si on constate aujourd'hui de plus en plus d'annonceurs qui font le choix de mixer les 2 approches ( Comme sur le site CNET par exemple).

    2. en tant que prospect et/ client pris dans une dynamique renouvelée des communautés en ligne : surtout des communautés de niche vivaces animées par des internautes captifs fédérés autour d’un thème, d’un produit, d’un sujet, d'un service , ces communautés qui constituent un terrain exceptionnel de recrutement et d’enrichissement de base de contacts. Les outils Web 2.0 sont venus renouveler l’attrait pour les réseaux en permettant à l'internaute d'appartenir à plusieurs communautés à la fois, en favorisant la mise en relation communautaire et en permettant de multiples manières d'exprimer son identité numérique : instantanéité, réactivité, interactivité, convivialité, facilité d’usage , facilité de nouer des contacts et d’enrichir son réseau, facilitée d'exister et d'être trouvé sur le web…

    Alors, ensuite, Web 3.0 , pourquoi pas, mais chacun se souviendra de 2005, 2006 comme une période charnière .

  • Où se situera le web dans 10 ans ? Dans mes lunettes, mon écharpe, mon manteau, partout où je suis et ne suis pas. Plus sérieusement, le web dans 10 ans n’existera plus car il aura muté au delà de l’interface que nous connaissons aujourd’hui. Ce qui est certain en tous les cas, c’est que cette dimension participative, collaborative, sociale et son corrolaire l’interactivité sont bien apparus au grand jour comme un mode d'utilisation d'internet ( on ne surfe plus seulement, surtout on rézote) qui s'est généralisé durant cette période dite "web 2.0" . Une période charnière car elle inaugure un mouvement qui façonnera les interfaces futures et autres mediums de communication des prochaines années. La convergence tant attendue se poursuivra sous l'impulsion de cette logique.

Devenir annonceur 2.0 : Illustration avec Lonelyplanet

LonelyPlanet.com ouvre sa plateforme indépendante de réservation d'hôtels. Haystack ( c'est le nom de cette plateforme) propose en parallèle de la réservation, des recommandations et reviews de type "expert" ( la plume Lonelyplanet) et celles des voyageurs internautes .
On est bien ici sur un site annonceur classique qui évolue en annonceur 2.0 en exploitant à son avantage la dimension sociale et l'apport du Consummer Generated Media ( CGM) ou web participatif.

Un call to action explicite "ADD YOUR REVIEW" est placé sur la fiche produit hébergement, conditionné à une inscription ( façon d'impliquer les contributeurs) .


Loin d'être un phénomène de mode , le CGM est pris très au sérieux par cet annonceur du Tourisme, issu du media papier. Lonely Planet adopte une démarche intelligente mixant l'avis de l'expert LONELY PLANET et donc capitalisant sur son image de "Guide de référence" avec l'avis du voyageur et donc tout en tirant partie de la dimension sociale du web avec l'avis du voyageur. Une solution mixte que les acteurs du ecommerce ont adopté les premiers , je pense notamment au guide des produits technologiques CNET.

Etes-vous un annonceur 2.0 ? (si, si, j'insiste)

L'internaute consommacteur ou consommauteur a fait l'objet de nombreux billets et analyse (lire notamment ce billet publié sur le blog de sqliagency: emarketinggarden) cette année, et le Time vient de le plébisciter comme personnalité de l'année.

Avec le constat établit du succès des réseaux sociaux, le consommauteur (You) incarne la révolution web dite "web 2.0". 2006 qui se termine est bien une année "milléssimale" dans l'histoire du web.

Ainsi, une proportion importante d'internautes adopte aujourd'hui une attitude avec laquelle il faut compter : en anglais Consumer-Generated media ( ou CGM) ,c'est-à dire des informations publiées spontanément par les internautes. On parlait naguère de e-opinions et des contributions sur les forums, chats, et plus récemment les messengers . Il s'agissait bien là des premiers outils sociaux préfigurant le web 2.0.

Trois faits nous font dire toute même qu'il s'agit bien d'une révolution (quoiqu'on entende ici et là):

  1. Sous l'impulsion "blogomaniaque" et la prolifération créative de nouveaux outils , la facilité offerte à l'internaute pour donner un avis sur un produit et le faire partager.
  2. Et du coup, un nouveau standard que tout internaute s'attend à trouver dans la panoplie des outils d'aide au choix.
  3. La libéralisation sur les sites annonceurs qui s'ouvrent au Consummer Generated Media et essayent de le tirer à leur avantage et l'intégrer dans leur dispositif stratégique marketing.

Illustration dans le tourisme, secteur qui explose son business grâce à Internet et où l'on observe une pépinière d' "annonceurs 2.0".:

In November 2006 we conducted a CGM survey via the HeBS blog and asked hoteliers if they thought consumer generated media (i.e. blogs, hotel review sites) is a threat or an opportunity? 81% of survey respondents said they viewed CGM as an opportunity.

  • Trois moyens sont proposés afin d’en tirer parti :
  1. lire les commentaires des clients permet de savoir ce qu’ils pensent de votre prestation et donc d’obtenir instantanément leurs points de vue. En effectuant une veille sur ces sites de partage d’expérience, vous pourrez immédiatement aborder un problème – éventuellement évoqué – et agir en conséquence ;
  2. établir des relations interactives avec le client via la mise en place de CGM “corporate”. Par exemple, la chaîne hôtelière Starwood a lancé son blog theLobby.com ;
  3. enfin, promouvoir vos produits et services.

J'ajouterai également :

  1. maximiser la visibilité sur les moteurs de recherche, notamment au travers du bookmark social
  2. fidéliser en créant le réflexe communautaire

Pour en savoir plus sur le CGM et notamment le etourisme web 2.0, consulter l'excellent blog dédié au tourisme institutionnel de Stéphanie Giraud

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Efficacité d'une interface e-commerce: aide au choix ( 3/4)

Article paru dans sur le blog emarketinggarden

J'entamais au printemps 2006 une petite série de billets sur 4 facteurs de réussite de la transformation à l'achat sur les sites de e-commerce.

  1. Mettre en confiance
  2. Donner envie
  3. Aider au choix
  4. Inciter au passage à l'acte

Petit rappel des billets précédents

1. Rassurer, mettre en confiance. Quel internaute accepterait de dépenser son argent s’il n’accorde aucun crédit au vendeur ? Quelques ingrédients permettent d'instaurer une relation qui saura rassurer de façon légitime l'internaute à s'ouvrir à votre site, à votre produit, à votre marque et de fait, l'encourager à aller plus loin dans cette relation. A mes yeux, la mise en confiance se joue sur plusieurs tableaux à la fois : Lire le premier billet sur la confiance

2. Donner envie. On peut acheter par nécessité ou par envie. Si la première pré-existe, en revanche, la seconde se crée. Et si elle existe, on la nourrit. L’envie peut être suscitée en jouant sur 2 axes : l’expérience globale de l’interface et le produit en lui–même. Lire le deuxième billet sur ce deuxième facteur de transformation : Donner envie.

Il est frais mon e-commerce ! Episode 3/4 : Aides au choix

Troisième facteur de transformation que j'aborde aujourd'hui: la capacité du cybermarchand à proposer des outils d'aides au choix. Qu’est-ce qui caractérise un bon vendeur ? Me faire payer au meilleur prix ou m’accompagner par un conseil personnalisé ?

L'acte d'achat est une décision parfois impulsive: l'internaute ne réfléchit pas longtemps mais saisit directement l'opportunité qui lui est offerte. C'est le cas par exemple d'un produit connu avec un prix attractif. Mais le plus souvent et selon le type de produit en vente, l'acte d'achat est une décision qui découle d'une réflexion aboutie. L'internaute "mûrit" son choix et pas forcément sur votre site. Ce qui importe est donc de mettre à sa disposition les informations et outils dont il aura besoin pour construire ce choix, au bon moment et au bon endroit sur l'interface de votre site et dans son parcours de visite.

Cette assistance à l'achat se matérialise selon 3 logiques conjointes:

I. UNE INTERFACE qui donne le sentiment d'accompagner l’internaute dans sa démarche.

Le site est en soi le compagnon qui va aider l'internaute à choisir le bon produit.

  • Feedback des actions: retours visuels
  • Eléments de guidage omniprésents
  • Travail de rédaction des titres, accroches et descriptifs
  • Fluidité et richesse des comportements de l’interface (Rich media, technologies ajax…)

Fluidité de l'interface dans le choix des attributs du produit (chez Gap)

II. DES OUTILS simples et intuitifs mis à disposition au bon endroit et au bon moment.

Loins d'être des gadgets, ces outils apportent une réelle valeur ajoutée dans le choix du produit et répondent aux questions que la décision d'acheter suppose.

  • Outils de sélection
  • Recherche multi critères et "selecteur"
  • Aides en ligne, assistant didactique
  • Conseiller humain (web callback) ou virtuel (agent conversationnel)
  • Outils de présentation de l’offre, du produit
  • Manipuler le produit : démo interactive, vidéo, photothèque
  • Accès aux informations détaillées du produit
  • Comparateur
  • Outil de personnalisation de l’offre, du produit, des options, des accessoires : configurateur
  • Outils d’achat/souscription
  • Panier d’achat accessible
  • Modes de paiement : en ligne, par chèque, par téléphone
  • Acheter en ligne… et en boutique: recherche des boutiques les plus proches de chez vous
  • Proposer l'article d’occasion (sans le dénigrer)
  • e-opinions : les avis des experts , les avis des internautes qui ont acheté le produit

Reportage "comment acheter un plasma ou un lcd" ou comment "singer" le vrai vendeur de façon efficace chez GrosBill.

Plusieurs cybermarchands (Fnac, Amazon, Pixmania...) ont compris le fort potentiel de transformation que revêtent les avis des internautes.

L'avis d'expert, ici sur CNET.

III. MAIS SURTOUT, tenir compte d'un fait incontournable: la décision d'acheter ne s'établit pas sur une visite, ni uniquement sur votre site.

Elle s'établit après de (parfois) longues séances de navigation en dehors de votre site, dans ce qu'on appelle l'infosphère de l'internaute, infosphère qui rassemble des sites et outils qui évoquent, décrivent, commentent, vendent le produit que l'internaute finira par acheter. Votre objectif est donc d'amener l'internaute à transformer son achat sur votre site en ayant une connaissance précise de son infosphère. Et apprécier finement cette infosphère pour y installer des capteurs afin de diriger l'internaute vers votre fiche produit : affiliation, partenariat, posts sur des blogs, test de votre produit par des influenceurs, référencement auprès des comparateurs, ... et proposer sur votre site tout l'aresenal nécessaire à la construction de cette décision d'achat. Idéalement, valoriser dans cet ensemble d'outils celui qui est le plus transformant : les avis des internautes, les avis des experts, les guides d'achat.

Le fameux phone selector de Nokia.

Au final, il s'agit de donner le sentiment que votre site permettra de répondre en toute objectivité aux questions que se pose l'internaute dans sa décision d'achat et positionner votre site en bonne place dans son infosphère.

La décision d'acheter tel produit étant murement réfléchie ou au contraire complètement irraisonnée, il s'agit d'inciter au passage à l'acte. La décision acquise dans l'esprit de l'internaute peut vous échapper. Un prix accrocheur ne suffit pas. Les techniques de "persuasive design" vont venir appuyer cette transformation. A lire dans le prochain 4ème et dernier billet qui clotûrera cette réflexion sur les conditions de la transformation à l'achat.

Efficacité d'une interface e-commerce: donner envie ( 2/4)

Article paru sur le blog emarketinggarden

Quelles sont les recettes pour mieux transformer à l'achat ? Mon précédent billet inaugurait cette réflexion par un premier facteur : la confiance (que vous pouvez consulter ici)

Deuxième facteur de transformation : Donner envie.

On peut acheter par nécessité ou par envie. Si la première pré-existe, en revanche, la seconde se crée. Et si elle existe, on la nourrit. L’envie peut être suscitée en jouant sur 2 tableaux : l’expérience globale de l’interface et le produit en lui–même.

I. L'EXPERIENCE GLOBALE DE L’INTERFACE

Sur le premier point, il s’agit de faire se sentir bien et de donner envie de rester sur le site. Et d’en laisser un souvenir (une expérience) pour inciter à y revenir. Cette expérience d’interface se construit autour du concept créatif, de la notoriété de la marque (des marques font rêver et suscitent, rien qu’à leur évocation, convoitise et désir) et du plaisir que l’on retire de l’expérience interactive.

http://www.cafepress.com

Sur l’ambiance graphique, existe-t-il des traits spécifiques au design qui donne envie ? Existe-t-il du beau efficace ?

J’ai relevé quelques critères qui caractérisent le design qui donne envie (amusons-nous à le surnommer «le design web 2.0 ») :

1. Plus de simplicité au profit d'une meilleure lisibilité et incitation sur certaines zones tout en signant l'ensemble d'une ambiance graphique forte et identitaire.

2. La typographie prend plus d'importance car renforce l'attractivité des messages que l’on souhaite faire passer.

3. Les boutons, pictos, icônes ont un traitement persuasif, ce que j’appelle "l'effet bonbon" ou "l'effet aromatisé", sur ce qu’on veut que l’internaute clique (donner envie de cliquer, de toucher, de manipuler).

4. Des couleurs attractives, chaudes, parfois naïves, sur fond épuré, aéré pour mettre dans une prédisposition d’esprit « c’est facile à utiliser et convivial ».

5. Les visuels ne font pas « banque d'images », ils incarnent l'usage du produit, d'où souvent des visuels d’évocation d’ humains (ou objets chargés de symbolique quotidienne). Ces visuels suscitent l’identification, « ça me parle ». Ils sont souvent traités de façon sobre, simple, sans photomontage, sans les détourner de leur fonction première.

6. La touche humaine a un effet aimant (dans les 2 sens du terme): ce ne sont pas forcément des photos de personnes mais des « morceaux de personne», ce qui particularise l’humain : un sourire, une main, un visage, un sourire, de la peau, un doigt, une paupière, un objet familier…

Autre vecteur de désir, l’expérience interactive :

Elle ne s’élabore par seulement sur la base d’une métaphore réfléchie et originale. Mais sur « une ergonomie du désir » : le jeu de la navigation, les comportements des objets d’interface, la façon de matérialiser le feedback des actions de l‘internaute, le subtile dosage de la sonorisation et des effets de survol. Une interface riche nourrit le désir parce qu’elle fluidifie le parcours. On vante les bienfaits ergonomiques d’AJAX et plus généralement des interfaces riches. Sachez que la fluidité des actions et des comportements d’affichage procure une certaine satisfaction hédonique et pas seulement plus de confort et de gain de temps. C’est l’effet toboggan, pour le simple plaisir de glisser, pas pour aller plus vite. Et pris dans le mouvement qu’il est facile de se laisser aller à l‘impulsivité !

II.LA VALORISATION DU PRODUIT

Mais on a beau être sur un site qui prédispose l’internaute, l’objet du désir n’est pas le site. C’est surtout le produit ou le service vendu qu’il convient de valoriser.

http://www.ampdmobile.com

1. Donner à voir

Les visuels du produit ressortent sur un fond épuré, la taille grandeur nature donne un sentiment de proximité au produit. S’il s’agit d’un service, on le donne à voir par des témoignages, des résultats représentés graphiquement. On laisser respirer le produit sans bruit d’interface. Ne pas oublier l’effet « cerise sur le gâteau », offrir la possibilité de voir les détails qui font mouche, mettre en scène les atouts. Enfin, bien exploiter la marque lorsque celle-ci est synonyme de convoitise (Rollex, iPod, Mercedes, etc.)…

2. Je manipule le produit en ligne... et il est déjà un peu à moi

Amazon avait inauguré ce principe avec la possibilité de consulter en partie un ouvrage (son sommaire, des extraits…). Comme on fait son marché, on tâte, renifle, on pèse ses fruits. D’où l’intérêt de montrer le produit en situation d’utilisation. Plusieurs techniques sont mises en œuvre : vidéo, vue 360°, 3D, galerie photo, simulateur, essai limité dans le temps. Une technique particulièrement efficace consiste à configurer son produit en ligne, sorte de 'tuning' numérique , de façon à impliquer l’internaute suffisamment longtemps, au point qu’il regretterait de ne pas aller jusqu’au bout, à savoir valider son panier!

3. Ce qui se dit sur le produit, son rayonnement viral ou social

Les e-opinions, que j’ai évoquées dans le précédent billet, participent à construire la confiance et jouent également un rôle pour susciter l’envie. Les critiques des internautes, leurs avis, les notes , les « ce que j’ai aimé »,… influencent d’autant plus si les propos tenus sont enthousiastes et traduisent une situation dans laquelle l’internaute se reconnaît. Dans la même logique, le top 10 des produits vendus ou plébiscités par les internautes contribue à façonner l’envie. Enfin, le buzz positif sur un produit, ce qui se dit et se colporte par le bouche à oreille peut susciter un intérêt significatif.

4. Les infos qui nourrissent l’envie

Un prix attractif, des promotions exclusives web, des facilités de paiement, des informations et services pratiques (livraison, disponibilité, garanties, …), des accessoires utiles ou recherchés, des produits en cross-selling, mettent à portée de clics le produit. Ainsi, de l’état de désir, de rêve, s’ensuit l’état plus concret qu’est le projet d’achat.

Ce projet d’achat fait l’objet d’un prochain billet consacré à l’aide au choix, étape cruciale, au même titre que la confiance et l’envie, pour comprendre la mécanique de la transformation.

Efficacité d'une Interface e-commerce : mettre en confiance ( 1/4)

Article paru dans sur le blog emarketinggarden

Le parcours client peut être décrit comme l'enchaînement de 5 processus: la découverte, l'évaluation, l'achat, l'usage et enfin le renouvellement (de votre voiture, de votre télévision, de votre mobile, de votre abonnement, etc.). C'est par mise en place progressive tout au long de ce parcours client que se joue la transformation recherchée: l'internaute décide de s'approprier tel produit ou service et payer son achat en ligne (ou hors ligne d'ailleurs).

Quelles sont les recettes pour mieux transformer à l'achat ? A mon sens, elles sont de 4 ordres:

1. Rassurer, mettre en confiance

2. Donner envie

3. Aider au choix

4. Inciter au passage à l’acte

J'inaugure cette réflexion par le premier volet : Rassurer, mettre en confiance. Il s'agit de rassurer sur la marque et le produit.

Quel internaute accepterait de dépenser son argent s’il n’accorde aucun crédit au vendeur ?

Quelques ingrédients permettent d'instaurer une relation qui saura rassurer de façon légitime l'internaute à s'ouvrir à votre site, à votre produit, à votre marque et de fait, l'encourager à aller plus loin dans cette relation. A mes yeux, la mise en confiance se joue sur plusieurs tableaux à la fois:

1. Sur l'ambiance générale du site:

  • Les attributs graphiques et fonctionnels font « professionnels »
  • L'ergonomie du site est optimale
  • La fluidité des éléments de l'interface participe à ce sentiment de réassurance.

2. Sur la réputation du vendeur: notoriété de la marque, avis des acheteurs sur le produit

  • Référencement de l’enseigne : jouez la transparence. Votre site doit être présent sur les sites spécialisés ( associations de consommateurs, label qualité comme Fia-net par exemple, etc...)
  • Notoriété du service et du produit :idéalement, votre produit a une bonne réputation, votre marque une très bonne visibilité. Une campagne d'installation de la marque ou de publicité sont des bons vecteurs.
  • Bouche à oreille, avis des experts, notations des internautes, tout ce qui participe à crédibiliser votre produit passe aussi par l'avis, la recommandation de votre "alternaute", et ce d'autant plus qu'il est lui