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L'acculturation digitale passe par une ritualisation de l'innovation jusqu'au plus petit maillon collaboratif de l'entreprise

L'acculturation digitale est l'activateur et catalyseur de la transformation de l'entreprise à l'âge digital. Parce que l'acculturation s'appuie sur certains leviers, notamment la ritualisation de l'innovation au quotidien dans l'entreprise.



Engager les collaborateurs par l'innovation


L’implication de tous au service des clients finaux suppose la pratique récurrente de l’innovation parce qu'elle permet l'amélioration continue, ce que j'appelle la culture du feedback au service de l'expérience client. Et quoi de plus riche et émulant que la dynamique créatrice des pairs.
On peut décrire l’innovation collaborative en tant que levier d’acculturation comme préalable à la transformation de l’entreprise à l’âge digital mais aussi, une fois adoptée en interne, comme modalité d’être et de faire au travail, comme "état d'esprit digital" dans l'entreprise.
On peut résumer grosso modo la démarche en 4 grandes étapes :
  1. recueil d’un pool d’idées collaboratives,
  2. vote collaboratif,
  3. et allocation d’un budget de prototypage puis expérimentation,
  4. qui prévoit une assistance aux porteurs de projet innovant (intrapreunariat) : coaching sur les méthodes d’innovation, ressources, outils, partenaires,etc.

L’approche STARTIn d’AXA  est citée comme modèle d’innovation participative ou collaborative (crowd innovation interne) , constitue un des leviers d’acculturation digitale à grande échelle (on parle d’entreprise du CAC 40). La POSTE également mobilise ses collaborateurs en facilitant l’intrapeunariat : le prototype devient produit managé par les employés eux même.
Enfin, le cas d’école à mentionner quand on parle d’acculturation digitale centrée sur les collaborateurs est à l’initiative d’Adobe:https://kickbox.adobe.com/ (récompensé comme “meilleur programme d’innovation” en 2015) où chaque employé se voit recevoir s’il le demande une mallette contenant un kit pour innover selon la démarche de lean startup avec une carte bancaire dédiée à l’intérieur (1000 dollars de budget pour commencer)! Le maitre mot ici c’est « confiance ». Chaque employé était libre de se lancer dans la démarche. Au bout du compte, 6 % des employés ont abouti à un produit innovant que Adobe va déployer ou investir.

Cette approche d’innovation collaborative est pertinente pour diffuser et sensibiliser au digital. Mais le digital dont l’essence est de muter en permanence nécessite aussi une approche quotidienne de l’innovation in situ dans son travail, entre collaborateurs tout en prenant en compte l’alignement avec les attentes des clients finaux.
Ainsi préalable à la transformation en tant qu'activateur, l'innovation collaborative a vocation à devenir également une pratique ritualisée dans l’entreprise pour accélérer cette transformation.

Essaimer la culture de l’innovation jusqu'au plus petit maillon collaboratif


Ces initiatives d’innovation collaborative ritualisées sous la forme de grandes messes sur plusieurs journées sont nécessaires mais je suis partisan d’une approche beaucoup plus microscopique que j’expérimente chez un de nos clients à Semantys . Il s’agit d’installer une autonomie collaborative d’innovation au niveau le plus local des collaborateurs de l’entreprise, à l’échelle du département , de l’équipe, de l’open-space, de la machine à café… Tout cela en gardant à l’esprit que ce que nous cherchons c’est bien de lancer et maintenir une dynamique d’acculturation au digital et d’une communauté d’innovation au sein du service pour au final autonomiser celui-ci et l’engager durablement dans une stratégie à l’ère digitale.
La démarche que j’anime chez Semantys vise 4 objectifs :
  • créer un momentum pour initier une communauté d’innovation aupres des collaborateurs, au sein d’un lieu physique in situ mais qui casse les codes organisationnels (une salle de créativité avec une aura bien à part). Animer en son sein des ateliers collaboratifs inculquant l’esprit d’innovation propre à la culture digitale.
  • mesurer la maturité digitale (l'usage des outils mais aussi la culture numérique) des collaborateurs pour en fonction des résultats ajuster et renforcer un programme d'acculturation.
  • rendre autonome sur la culture d’innovation en pratiquantl’innovation dite incrémentale pour améliorer un service existant , qui s’appuie sur un panel d’outils de diagnostic et de partage collaboratif. Et également, en pratiquant l’innovation de rupture via les outils de laPensée Design et de lean startup en entreprise pour matérialiser une nouvelle proposition de valeur, à l'interne (pour les collabs), comme à l'externe (clients et partenaires).
  • se transformer, s’être transformé c’est avoir compris et appris à ritualiser l’innovation collaborative et ses méthodes dans son quotidien au travail (culture de l'expérimentation et de la valorisation de l'échec par la culture du feed-back, de l'amélioration continue). Ce Savoir Etre et Savoir Faire vont s’expérimenter au quotidien , pour s’armer et s’épanouir dans la création de valeur qu’impose l’innovation perpétuelle, caractéristique fondamentale du digital. C'est le meta-objectif de cette démarche. Qui demande du temps. C'est de l'implication qu'il faut entretenir par l'animation continue d'une communauté d'innovation interne, autour de moments récréatifs réguliers organisés dans la vie de l'entreprise tournée vers la résolution de problèmes, la création de valeur, l'amélioration continue.
La culture de l’innovation est donc une des pratiques stratégiques d’acculturation digitale qu’il faut maîtriser. Mais l’acculturation digitale doit aller delà du collaboratif. Je vais pointer d’autres leviers essentiels d’acculturation dans la seconde partie de cette réflexion.

Autres leviers d’acculturation pour engager le top et midlle management dans une vision stratégique business et une vision organisationnelle réactive


Mais l’acculturation digitale doit aller delà du collaboratif. L’enjeu qu’elle vise est la compréhension des leviers de transformation du digital pour mieux comprendre les clients finaux, ses concurrents et améliorer les processus de création de valeur. Et in fine, mieux coller à son marché et étendre sa chaine de valeur. Soit se transformer.
Cela suppose d’avoir compris pourquoi et comment changer l’état d’esprit «le mindset » de l’entreprise. Pour se forger une vision stratégique partagée de l’entreprise à l’âge digital qui englobe à la fois la relation client et la relation entre les acteurs de l’entreprise, il faut être sorti de la Caverne de Platon. Cette vision qui doit être motorisée et portée à la fois par le top management comme par le middle management nécessite pour se formuler, se construire, se débattre, une phase de sensibilisation lourde : l’acculturation au digital.
  • Accompagner le top management à muter dans son tempérament et son état d’esprit en ayant compris le digital et en s’étant forgé une vision stratégique du métier de son entreprise et de son marché à l’ère digitale. Les techniques pour y parvenir empruntent au management du changement, au reverse mentoring, au serious game, à l’immersion pratiquante, à la compréhension des nouveaux business modele et usages qu’infuse le digital.

  • l’acculturation du middle management est difficile à vivre et à instituer, pour des raisons démographiques, de projection individuelle dans sa carrière, d’un formatage éducatif et d’une culture procédurière pouvant dans le pire des cas aboutir à un partage assumé de la déresponsabilisation ( !). Cette culture du management est un héritage enclavant et confortant comme les visions que l’on tient pour immuables et vraies dans la Caverne de Platon. Difficile de renoncer ou remettre en cause son quotidien dans une organisation fondée sur l’autorité, la transmission des ordres et la règle. Peu de place pour l’innovation et la sortie du cadre. On retrouve cet héritage dans les grands groupes et c’est très douloureux pour les personnes concernées. Mais c’est possible. Par exemple, le groupe ADEO (Leroy Merlin , …) déploie avec le département RH une approche d’acculturation à destination des cadres et des collaborateurs centrée sur l’innovation mais aussi la sensibilisation aux nouveaux usages et le partage d’expertises métiers, la mise en miroir des cultures internes (qui varie d’un établissement à l’autre) via des outils encapsulés dans son réseau social d’entreprise , avec notamment les modules d’elearning (MOOC ou SPOC internes). On peut citer également le programme d’Orange avec son académie du numérique.

Les RH étaient une fonction support, un peu suiveuse des managers. Elles deviennent à l’âge digital, une force motrice de la transformation digitale, dont la mission consiste non seulement à supporter les managers dans leurs besoins de formation et de compétences et de transformations digitale, mais aussi à transformer ces managers.

S’acculturer ne suffit pas pour gagner en maturité digitale (Ce qui fera l’objet d’un prochain billet). Mais l’acculturation digitale est le préalable ciblant tous les niveaux hiérarchiques de l’entreprise, centrée sur l’innovation quotidienne et la compréhension des enjeux du digital et ses usages. S'acculturer pour activer puis accélérer la transformation digitale de l’entreprise traditionnelle.

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François Verron

Je suis François Verron, consultant depuis plus de 15 ans dans le domaine digital. J'aide les entreprises et collectivités, à maitriser les pratiques numériques et leurs impacts sur leur organisation et leurs business.

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